CONSEILS


LES PREMIERES COURSES

Chacun se souvient-t-il de sa première course ? Peut-être pas. Que l'expérience ait été positive ou non, elle a dû être précédée de beaucoup de stress et d'inquiétude et sûrement de beaucoup d'approximations.

 

 



Jumping et dressage sont des disciplines enseignées dans les clubs et tous les moniteurs d'équitation ont été formés pour enseigner ces disciplines à leurs élèves. Par contre, l'endurance est une discipline équestre méconnue et il circule encore beaucoup trop d'inexactitudes sur ce sport équestre.
 

 


Contrairement au jumping ou au dressage, les nouveaux venus ne disposent pas ou alors très peu d'encadrement. La plupart n'ont pas pris la peine de se documenter sur la question en achetant un bouquin traitant sérieusement du sujet ou en questionnant les cavaliers chevronnés. Cela a l'air facile évidemment pour un cavalier d'extérieur habitué à pratiquer la ballade ou la randonnée et cela correspond en principe à une évolution naturelle. Donc à quoi bon s'informer puisque l'on connaît déjà…



C'est vrai que c'est facile pour les courses de premier niveau : initiation ou qualificative. Et la victoire est même à la portée du premier cavalier inexpérimenté pour autant qu'il dispose, parfois sans le savoir, d'un cheval adapté à la discipline. Il suffit de suivre les balises et de vérifier son heure d'arrivée par rapport à son heure de départ et boucler le parcours dans la durée minimum en s'arrêtant éventuellement si l'on a été trop vite. Les erreurs d'appréciation que l'on pourrait commettre ne se paient pas cash comme en jumping par des barres qui tombent. Il est tentant d'adopter une cadence inadaptée au terrain, de galoper comme un fou la première boucle puis devoir se traîner à la deuxième pour de pas arriver trop tôt, etc… Erreurs…Et ce n'est qu'après quelques courses ou même une saison que votre cheval vous le fera savoir par l'un ou l'autre incident, ou peut-être même pas si vous êtes verni!


L'entraînement pour une initiation (25Kms) ou une qualification (50Kms)


A moins d'avoir vraiment peur d'attaquer directement la distance de 50Kms, une course d'initiation n'apportera pas grand chose au cheval car pour l'immense majorité des chevaux, un parcours de 25Kms à une moyenne de 12Km/H est vraiment une sinécure. Une initiation apportera plus au cavalier en lui procurant une certaine expérience de tous ces petits détails non négligeables d'une course d'endurance : se préparer la veille, ne rien oublier, charger le cheval dans le van ou le camion, trouver le lieu de concours, s'inscrire, passer le contrôle vétérinaire, gérer le stress de son cheval au milieu de ses congénères, gérer son propre stress, suivre un balisage à 12Km/H, contrôler son cheval lorsque l'on se fait dépasser, etc…

Donc votre cheval est correctement mis et entraîné ! Cela signifie qu'il a déjà couvert une telle distance en randonnée ou en entraînement. Il peut trotter 20min sans s'essouffler et garder un petit galop durant 10min sans trop d'effort. Il passe à peu près partout (il peut y avoir des rivières ou des routes fréquentées à traverser). Il se laisse dépasser par des congénères au galop. Il sait descendre et monter une pente raide. Si la réponse à ces quelques questions est généralement positive, OK, sinon bonjour les difficultés !
Quant au cavalier… Il tient à cheval. Il sait gérer un cheval qui tire, donne des coups de cul. Il peut trotter sans effort sur les deux pieds pendant une heure. Il peut galoper longtemps en gérant son allure. Il peut arrêter son cheval facilement. Il peut remonter seul à cheval après en être descendu. Si tout cela est OK, allons-y !


L'avant course

On aura pris le soin de vérifier la ferrure du cheval : fers en bon état et bien ajustés au pied, pieds curés et propres. On trottera le cheval sur le dur pour vérifier ses allures et détecter une éventuelle boiterie.
On aura préparé selle et harnachement et vérifié le bon état de l'ensemble et mis à l'avance tout en place dans la voiture, si possible dans deux containers : un pour l'indispensable, l'autre pour l'accessoire.
Il en va de même pour toutes pièces utiles :
· couvertures (un cooler et une couverture de pluie au minimum)
· guêtres de travail, rênes de rechange, étrivière de rechange
· premiers soins : pommade cicatrisante, pommade anti-frottement, gel pour tendons, pommade anti-crevasses
· seaux, jerrycan, brosse, éponges
· électrolytes, picotin, mash, foin, carottes
· fers de rechange déjà ajustés par votre maréchal-ferrant, easyboot
· carnet de vaccination du cheval, cartes de licence et d'immatriculation
· équipement du cavalier : casque, bidon d'eau en cas de chaleur, veste de pluie, etc…
Il est aussi utile de vérifier son itinéraire pour accéder au lieu de la course afin d 'éviter tout énervement le lendemain.
Le soir, le cheval recevra son picotin habituel (surtout ne pas augmenter la ration !) avec une once d'électrolytes (dans son picotin s'il l'accepte, sinon par seringue) et du foin à volonté.
Le matin de la course, picotin et foin au moins deux heures avant le départ ou un mash afin d'augmenter l'hydratation.

Le jour de la course

En principe le dernier départ en Initiation et Qualification a lieu à 11heures et il faut être sur place au moins une heure avant afin d'avoir tout le temps de faire les choses à son aise et sans énervement.
Un fois sur place, on effectuera les formalités d'inscription. Ensuite le cheval sera marché quelques minutes avant le passage au contrôle vétérinaire et éventuellement pansé s'il ne l'a pas été la veille (un cheval non pansé sera refusé par le vétérinaire). Le cheval doit être présenté non sellé et sans protections. Les chevaux difficiles seront présentés avec la bride.
Une fois le cheval contrôlé par le vétérinaire, on demandera une heure de départ. Pour les premières courses, le débutant aurait avantage à accompagner un cavalier d'endurance chevronné en s'assurant gentiment du rythme auquel celui-ci compte mener sa course.
Un échauffement d'un quart d'heure au pas alterné de quelques exercices d'assouplissement permettra de préparer le cheval ; quelques étirements(stretching), surtout au niveau du bas du corps (mollets, cuisses) seront aussi profitables au cavalier pour éviter crampes et raideurs.


Pendant la course

Au début, il faudra surtout tâcher de canaliser le cheval et l'empêcher de chauffer et de se lancer à la poursuite de ceux qui précèdent. Rester calme est le maître mot ! C'est pourquoi se coller dans la queue d'un chevronné peut aider.
Si l'on se fait dépasser, utiliser la jambe intérieure et la rêne d'appui pour canaliser le cheval et l'empêcher éventuellement de se tourner et botter.
Aborder les côtes au petit trot et éventuellement au pas ; négocier les descentes légères au petit trot ou au pas ; regarder 5 mètres devant et agir constamment pour choisir la meilleure piste ; apprendre à lire l'asphalte pour éviter les zones glissantes et ne pas couper les tournants.


 A l'arrivée

Ralentir l'allure dans le dernier kilomètre pour déjà laisser récupérer le cheval. Une fois passée la ligne, desseller au plus vite et mettre un cooler sur la croupe ou sur l'ensemble du cheval si celui-ci fait mine de trembler ; faire marcher le cheval dans ce cas. S'il fait chaud, arroser poitrail et encolure et en cas d'extrême chaleur également l'arrière-main. Présenter à boire. On ne donnera les électrolytes qu'une fois le contrôle passé et en faible quantité si le cheval n'a pas bu. 

Durant l'interruption

En qualification, une heure de repos est octroyée avant le départ de la deuxième boucle. Une fois le contrôle passé, on nettoiera membres, passage de sangle, ventre. On présentera eau et nourriture au cheval. Comme nourriture, on préférera les aliments comme mash, pulpe de betterave, foin mouillé, carottes, pommes, herbe.
On vérifiera les pieds et la ferrure. Selle et harnachement seront vérifiés, nettoyés et prêts à être placés.
Il est fréquent que le cheval ne boive pas après la première boucle. En principe il se mettra à boire durant la deuxième boucle, dans un gué ou auprès de l' assistance.
On resellera dix minutes avant le départ puis on marchera le cheval


Soins après la course

Les soins à apporter au cheval sont similaires à ceux administrés lors de l'interruption, tout en insistant sur la récupération et le bien-être du cheval. On s'occupera particulièrement des membres du cheval soit en appliquant argile ou autres produits, soit en mettant des bandes de repos. On donnera un aliment rafraîchissant comme un mash, des pommes, des carottes, de l'herbe.


Les jours qui suivent

Un mash le soir de la course et des électrolytes quand le cheval aura bien bu. Si le temps est favorable, rien ne vaut une nuit passée au pré éventuellement avec une couverture, ce qui évitera tout engorgement et détendra le cheval. Attention à ne pas mettre le cheval au printemps dans une herbe trop riche !
Après une course de qualification menée gentiment, laisser un à deux jours de repos au pré est la meilleure alternative. Ensuite, s'octroyer une petite ballade au pas alternée de gentils canters pour faire plaisir.
S'il apparaît la moindre chaleur dans les membres, un engorgement, si le cheval ne mange pas, si l'œil est terne et l'attitude émaciée, il faut s'inquiéter et appeler le vétérinaire.


La prochaine course

Si tout s'est bien passé et que la course a été courue calmement, il n'y a aucune contre indication à remettre cela la semaine suivante. Par contre, le moindre signe négatif doit interpeller le cavalier et il faut trouver la cause avant de poursuivre la compétition.


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Dernière modification le 17/08/07