CONSEILS


L'ENTRAINEMENT DU JEUNE CHEVAL D'ENDURANCE

Il faut au moins deux ans pour déterminer si un jeune cheval va développer de bonnes aptitudes et s'il aura des chances d'atteindre le plus haut niveau. La route est semée d'embûches et beaucoup d'erreurs sont commises dans la préparation : impatience, inexpérience, tentation de faire la course sur de petites distances, etc… Voici un recueil de conseils, incomplet, discutable certes, mais que chacun pourra compléter avec sa propre expérience.

 

Après la phase de débourrage, il faudra commencer le travail d'extérieur en parallèle avec des séances de dressage, si on a la possibilité d'avoir accès à un manège ou à une carrière. Avec un cheval connaissant la base du dressage, c.a.d. les effets de rênes, les jambes, les trois allures et les arrêts, il est ensuite possible de lui apprendre en extérieur le métier de cheval d'endurance. Pour cela, il faudra profiter de chaque occasion offerte par le terrain et l'environnement pour faire progresser son cheval : le cheval devra être adroit sur tous les types de terrains, plat ou vallonné, dur ou mou, sec ou glissant, caillouteux ou sablonneux, etc…

 

Dressage ou pas dressage ? 

Il y a dans notre discipline des adeptes inconditionnels du dressage et des adeptes inconditionnels de la randonnée comme base à la préparation d'un cheval d'endurance.
Il faut un peu de tout : une fois que le cheval connaît ses bases de dressage et a acquis suffisamment de souplesse, il ne sert à rien de tourner des heures dans un manège avec un cheval placé comme il se doit dans le sens classique du terme.

A l'inverse, cela serait même contre indiqué d'exagérer le travail d'un cheval d'endurance avec un ramené de type classique. Ce n'est pas du tout comme cela qu'il devra se déplacer en course : il devra plutôt se trouver dans un équilibre horizontal, l'encolure libre et servant de balancier, l'arrière-main devra pousser la masse plutôt que la soutenir, les allures devront être rasantes et économique. Des preuves ou des exemples ? Il suffit de regarder comment sont bâtis et musclés les champions d'endurance et de les comparer aux as du dressage ; est-ce qu'un marathonien éthiopien ressemble à un champion de gymnastique ?

 

 

 

 

 

LSD - Long Slow Distance

Chacun s'accorde à dire qu'il faut 2 ans pour préparer le système osseux et articulaire, 3 mois pour améliorer les performances cardiaques et un mois pour la mise en souffle. Cela veut dire qu'un cavalier non averti aura trop vite tendance à demander des efforts inconsidérés à sa monture, efforts que le poumon et le cœur pourront donner mais que les membres ne pourront certainement pas assumer.


Et c'est là que beaucoup commettent des erreurs, comme chacun en a commises (" premier cheval = cheval de toutes mes erreurs ", disent beaucoup d'entre-nous).

C'est pour cette raison que la première phase de préparation est tellement importante, la phase de travail lent et long ! (LSD, Long Slow Distance). Le cheval devra s'habituer à travailler sur tous les types de terrains, de préférence vallonnés et au pas. Le cavalier tentera de mettre à profit tout ce qui se présente sur le terrain afin d'aguerrir sa monture : monter et descendre des talus calmement, d'abord sur du bon sol, ensuite sur des sols inégaux ou caillouteux pour donner au cheval de l'adresse et du discernement dans les endroits difficiles… tourner autour des arbres d'abord par des effets de rênes, puis par l'assiette et les jambes, ensuite en tournant les épaules, et finalement par la pensée… le faire d'abord sur un terrain plat (une sapinière par exemple) avant d'aborder l'exercice sur un terrain de plus en plus vallonné (n'y a-t-il pas de meilleur exercice pour assouplir, canaliser, calmer !).

Adresse et complicité

De temps en temps, quand le terrain le permet et que le cheval est calme, autorisez-vous quelques séances de trot et de galop, avec un cheval calme et bien cadencé ; apprenez à votre monture à obéir à vos injonctions de mains et de jambes devenant de plus en plus légères… passez du côté gauche au côté droit de la piste aux allures simplement par le poids de votre corps ou par une indication de rêne contraire, apprenez à choisir les parties les plus faciles avec un cheval qui reste à l'écoute. Faites-le d'abord avec les aides (rênes, jambes, assiette) et petit à petit essayez que vos actions deviennent invisibles. Au début, il vaudra mieux faire tous ces exercices dans la direction opposée à celle du retour à l'écurie, évidemment, pour éviter toute lutte avec un cheval ne pensant qu'à rentrer à la maison !
Quand le cheval sera suffisamment adroit sur toutes sortes de terrains, augmentez progressivement l'intensité de l'entraînement, parfois en augmentant la durée et au fur et à mesure en augmentant l'intensité de l'effort : un parcours effectué en 2 heures, le sera ensuite en 1H50, puis un mois plus tard en 1H40… Au retour à l'écurie, mesurez le temps de récupération (rythme cardiaque à 40/45). Tout chiffre anormal doit vous alerter et il faudra chercher la cause ! Après chaque effort dont l'intensité a augmenté, accordez un jour de repos supplémentaire ! C'est autant par le repos que par l'entraînement que votre cheval progressera !

 

Buvez… Eliminez…

On tentera aussi l'apprentissage du 'pipi sur commande' : sur un sol propice (bas-côté herbeux, feuilles sèches…), sifflez votre air favori en ralentissant le plus possible et en vous faisant le plus léger possible… félicitez et caressez au premier pipi et ensuite à chaque réussite…
Tentez aussi d'apprendre à votre cheval à boire à chaque occasion, là où l'eau se présente : flaque d'eau, gué, rivière…

Travailler le repos

En ce qui concerne la fréquence des entraînements, mieux vaut trop peu que trop ! Une sortie tous les deux jours ou trois fois par semaine suffit (laissez le temps à l'organisme de réparer les micro traumatismes) ; pour vous en convaincre, faites l'exercice suivant : mesurez le tour de canon au démarrage de l'entraînement et re-mesurez le quelques mois plus tard… vous serez étonné !
N'oubliez pas non plus que c'est aussi, et peut-être surtout, durant les périodes de repos que l'organisme assimile son entraînement et assure son adaptation et que ces journées de repos sont aussi importantes que celles de travail.
Evidemment, il faut varier les sorties, tant par la durée que par l'intensité de l'effort demandé, ceci pour ne pas robotiser le cheval. Si quelque chose cloche, tentez de résoudre le problème le plus vite possible : harnachement inadapté, selle ou sangle qui blesse, cheval qui se touche, cheval qui maigrit, tendons enflammés, ferrure, etc…
Ne vous fixez pas un programme à respecter à tout prix ! Observez plutôt votre cheval et déterminez au fur et à mesure l'évolution de votre préparation. Il ne sert à rien de se donner un programme d'entraînement strict et puis de constater que l'on est arrivé à une impasse.
Il est aussi judicieux d'adapter la ration en fonction de l'effort fourni en se disant qu'il vaut mieux donner plus de foin avant et récompenser par du grain après plutôt que l'inverse !
Quant à ce fameux instinct grégaire du cheval, il faut s'en accommoder et tenter à chaque occasion d'augmenter l'esprit d'indépendance de votre monture : quoi de plus ennuyeux qu'un cheval qui ne veut pas quitter un congénère, dont le rythme cardiaque grimpe en flèche dès que son copain s'éloigne ; si vous vous entraînez seul, en principe, cela devra améliorer les choses ; sinon, profitez de chaque occasion pour quitter le groupe, en faisant demi tour, en prenant un autre chemin !

Courir pour perdre (chi va piano va sano...chi va sano va lontano)

Après six mois à un an de ce régime de travail lent et long, votre cheval devrait être prêt à aborder sa première course… initiation ou qualificative facile (de 25 à 60 Kms, en Belgique), tout dépend de vous. Il ne faut surtout pas aller à ces premières courses dans l'intention de les gagner, ni même de figurer dans le peloton de tête. Une Qualificative 1 à la vitesse minimum (10 Km/h), et si le cheval a bien assimilé, une deuxième Qualificative 1 deux semaines plus tard, toujours à la vitesse minimum. 
Ensuite, choisir une Qualificative 2 avec un bon terrain pour tenter de passer à la moyenne de 13 Km/h, imposée pour réussir une Qualificative 2. Une deuxième qualificative 2 réussie et vous voilà enfin au niveau de la Classe 1, où vous pourrez poursuivre la préparation de votre cheval sur une distance plus élevée mais en pouvant vous permettre une moyenne plus basse (10 Km/h).
Le plus grand danger dans ces premières courses, si le cavalier est inexpérimenté, est de se laisser entraîner par la griserie de la course et d'aller trop vite. Combien de chevaux de qualité n'ont-ils pas vu leur carrière compromise à cause de la vitesse sur des courses qualificatives ! C'est pourquoi il vaut mieux chosir des courses sur des terrains accidentés plutôt que des courses plates ou la tentation de laisser aller son cheval est trop grande.
Maintenant si votre objectif n'est pas de faire des Classe 1, 2 ou 3 et de 'tourner' en qualificatives, pas de problèmes. Chacun définit ses objectifs en fonctions de ses ambitions, de son temps libre, de ses aptitudes physiques et personne ne peut obliger quiconque à faire ce qu'il n'a pas envie de faire. Cela n'empêche que la préparation du jeune cheval reste la même.


Copyright - www.endurance-belgium.com - Tous droits réservés-2004/2008
Dernière modification le 17/08/07