CONSEILS


DOPING OR NOT DOPAGE

Dr J-M Lamolle, vétérinaire FEI

Les récentes « affaires » (cyclisme, athlétisme,…) relatées par la presse animent encore bon nombre de discussions dans le monde hippique, y compris l’endurance. Beaucoup de personnes, peu ou mal informées, ont tendance à faire un amalgame entre les substances dopantes et les « aides autorisées » et à condamner au bûcher tout cavalier qui réalise une performance grâce ces « aides autorisées ». Qu’en est-il ?

Si le puriste analyse la définition du mot « doping ou dopage », il lira : « usage de toute substance susceptible de modifier une performance sportive ». Dans l’absolu, cela voudrait dire que donner de l’avoine la veille d’une compétition équivaut à doper son cheval tout autant que d’administrer un corticoïde ou une hormone anabolisante ! Les instances officielles ont tenté de réglementer cela en publiant une liste de substances non autorisées. Ces substances ont été jugées « illégales » par le fait qu’elles permettent au cheval de réaliser une performance physiquement impossible pour lui et parce qu’elles favorisent le développement de lésions entraînant une souffrance et un handicap chez ce même cheval. Celui qui enfreint ce règlement s’expose à des sanctions pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement (plusieurs entraîneurs de chevaux de course ont connu récemment cette situation en France) et, personnellement, je trouve que ces sanctions ne sont pas toujours suffisamment sévères.

Faut-il pour autant considérer ceux qui utilisent des « aides autorisées » comme des criminels ?

La médecine sportive du cheval évolue rapidement depuis une vingtaine d’années et la recherche dans ce domaine permet la mise au point de nouvelles méthodes et de substances capables d’aider le cheval dans sa performance. Tous ces moyens mis actuellement à notre disposition visent à minimiser les inévitables agressions et lésions physiques qui accompagnent tout effort sportif et, indirectement, à assurer autant que possible le bien-être physique du cheval avant, pendant et après la compétition.

L’intensité de l’effort, quelle que soit la discipline, est de plus en plus grande (il suffit, pour s’en rendre compte, de comparer les résultats d’une même épreuve à quelques années d’intervalle) et le risque de lésions ou d’usure prématurée de l’organisme du cheval grandit dans les mêmes proportions. Il devient, dès lors, de plus en plus nécessaire de tenter de contrôler ce risque en aidant son cheval grâce aux innovations technologiques de la recherche en médecine sportive. Nouveaux matériaux pour la ferrure et l’harnachement, compléments alimentaires et médicaments tels que les hydrates de carbone à dispersion lente, glucosamine, chondroïtine, acide hyaluronique etc…font leur apparition sur le marché et, à plus ou moins long terme, deviendront indispensables si on veut pouvoir se maintenir à un haut niveau de compétition. Cependant, il est évident que si ces substances aident effectivement le cheval, elles ne lui permettront certainement pas de gagner une épreuve s’il n’en est pas capable au départ.

Il ne faut donc pas jeter l’anathème sur ceux qui veulent rester compétitifs tout en essayant de préserver au maximum leur monture et il faut que les organismes officiels restent vigilants et maintiennent une frontière bien définie entre l’autorisé et l’interdit, cette limite étant centrée sur un point immuable : le bien-être du cheval.

Dr J-M Lamolle, vétérinaire FEI

 

 


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Dernière modification le 17/08/07