CONSEILS


CHOISIR UN CHEVAL D'ENDURANCE

La carrière des bons chevaux d’endurance est longue, souvent plus de dix ans au plus haut niveau. Par contre beaucoup disparaissent très vite. Le temps et les moyens à mettre en œuvre pour ‘fabriquer’ un cheval d’endurance sont considérables et partir d’un bon pied est vital. Reconnaître les manquements de sa monture et pouvoir laisser tomber à temps est malheureusement un problème qui s’est posé à beaucoup d’entre-nous et la décision n’est pas facile.


Si vous demandez à dix cavaliers d’endurance comment choisir un bon cheval, vous aurez probablement dix réponses différentes et en aparté on finira le plus souvent par avouer que pour leur champion, seule la chance a joué !

Si l’on pouvait à partir de critères scientifiques calculer tous les paramètres d’un cheval, les additionner et déterminer si ce cheval sera un bon cheval d’endurance, tout le monde le saurait. La réalité est bien différente : pas moyen de savoir comment fonctionnera encore le métabolisme après tous ces entraînement !
Est-ce que le cœur continuera à pomper comme il le faudra ? Et les poumons, apporteront-ils l’oxygène aux muscles ? Et le système locomoteur, tiendra-t-il ? Et le mental du cheval ?

Pas facile ! Avec un minimum de sélectivité, on pourra cependant éviter bien des désillusions.

 

 

On parle beaucoup de telle ou telle lignée ayant plus d’aptitudes à l’endurance, avec des résultats probant de produits en endurance. C’est vrai ! Est-ce dû au géniteur, à la jumenterie ou au nombre de sujets testés en endurance ?

On parle beaucoup de Persik et de la marque qu'il a laissée et laisse encore sur l'endurance, française principalement.

C'est vrai que beaucoup de produits de Persik excellent en endurance.
Mais il faut aussi considérer cela par rapport à la quantité de juments saillies (plus de 300 produits), par rapport au fait que ses produits sont systématiquement testés en endurance. Il n'en est pas de même pour d'autres étalons. Le milieu dans lequel beaucoup de produits de Persik ont été élevés a aussi probablement joué un grand rôle : l'élevage extensif tel qu'il est pratiqué sur les grands Causses, dans les Cévennes.
Le cheval là-bas doit se débrouiller pour trouver sa subsistance, l'herbe est moins riche mais le sol, calcaire, apporte son lot de minéraux utiles au développement. Des produits de Persik, élevés dans des conditions plus similaires à celles de chevaux de CSO, par exemple, ont aussi donné de très bons résultats.

 



En Belgique, où l'élevage du cheval arabe a surtout été orienté vers le show, on peut trouver de bons prospects pour le sport et l'endurance.

Mais il faut être très sélectif. L'élevage des Iviers a produit d'excellents sujets, Orféo, Krizzia, Kouros, Khiva. Là aussi les produits sont maintenant systématiquement testés en endurance. Les étalons du Moirmonnay ont aussi produit de bons produits en croisement : Gazelle, Fidji...

Si quelques cavaliers d’endurance sérieux et capables s’associaient pour sélectionner un peu partout quelques produits, et les entraînaient correctement, n’atteindraient ils pas de bons résultats ? C’est pratiquement certain !

Pourquoi ? Parce que l’expérience accumulée durant toutes ces années de compétition leur permettra de rejeter d’emblée les sujets à problèmes : les fainéants, les maladroits, les stressés, les mal conformés, les perdants, et ainsi de suite.

Ils rechercheront un cheval plutôt indépendant avec un caractère affirmé, donc qui ne s’occupe pas trop de ses congénères, qu’ils soient devant ou derrière.

Ils pourront éventuellement se laisser tenter par les annonces du type ‘Pour cavalier confirmé’, indiquant un cheval ‘à problèmes’ et ‘à petit prix’ que l’endurance pourrait canaliser.

Ils s’orienteront vers un gros mangeur/buveur car on ne fait pas une course de 160Kms avec un chipoteur de mangeoire qui maigrira à vue d’oeil dès que l’entraînement deviendra intensif.

Évidemment, il rechercheront un sujet avec au moins 50% de sang arabe ; bien qu’il y ait de très bons individus dans les autres races et que tous les arabes ne soient pas nécessairement de bons chevaux d’endurance !

Ils préféreront un sujet vert (4/5 ans), bien que des chevaux commençant sur le tard ne doivent pas être négligés, pour autant qu’ils aient été nourris, parés, vermifugés et montés correctement.

Ils tenteront de connaître le passé médical du prospect : pas de boiterie, coliques, coup de sang ou infections pulmonaires. Un rythme cardiaque très bas (inférieur à 30) au repos est parfois recherché, bien que les meilleurs performers soient dans la moyenne et que l’on recherche plutôt des capacités à récupérer vite.

Ils seront influencés par la conformation du cheval, bien que une bonne conformation associée à un métabolisme défectueux mène immanquablement à une impasse !   
On cherchera néanmoins une harmonie générale tout en gardant en tête que l’on veut un marathonien et pas un coureur de 100 mètres!

Donc : une encolure assez longue et fine, un dos porteur en évitant les dos trop longs, des membres solides bien que ce soit surtout la densité et non le volume osseux qui compte, un pied large, solide et bien ouvert, avec du talon et des aplombs les plus corrects possible (n’oublions pas que ces chocs répétés sur de mauvais aplombs se traduiront immanquablement par des boiteries), l’épaule idéale sera bien oblique, les jarrets devront plus propulser que porter…

Et puis ils voudront des allures élastiques et économes, au trot comme au galop, et un cheval qui engage bien au pas. Il sera important de vérifier comment s’effectue le poser aux trois allures car des mouvements parasites consomment de l’énergie et sont autant de risques d’atteintes. On regardera le cheval évoluer en liberté, dans sa pâture, au trot comme au galop et on jugera de ses capacités à se déplacer souplement, à l’économie, à galoper indifféremment sur le pied gauche ou droit, à tourner pour repartir au galop, à jouer, etc… Il faut avoir l’impression que le cheval ne fait aucun effort pour se déplacer et faire ses cabrioles et qu’il a l’élégance dans ses mouvements. Toutes ces qualités seront ensuite exploitées pour fabriquer éventuellement le ‘champion’ !

Pour le sexe, il ne faut pas oublier que les juments sont parfois capricieuses ou têtues et urinent moins facilement que les hongres ; les étalons ont un instinct de conservation supérieur aux hongres et ils pourront jeter l’éponge alors que leurs réserves ne sont pas encore entamées. Les hongres n’ont pas ces défauts !

Quant au mental du cheval, ils essayeront de s’en faire une idée, mais cela c’est une autre histoire…qui fait justement la différence entre simplement le bon cheval et le crack… et ils ne connaîtront la réponse à cette question que deux ans après l’acquisition de leur ‘champion’, à l’arrivée de la première 160 Kms.


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Dernière modification le 17/08/07