CHRONIQUES - Raid Kaliber


8 jours de course à travers la belle Andalousie

8 days of race across the White Andalusia 

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Si vous souhaitez découvrir l'Andalousie de manière sportive, donner un entraînement à vos chevaux, goûter à la gastronomie locale et vous faire de nouveaux amis et connaissance, c'est un évènement qu'il faut inscrire à votre calendrier. Chaque année, le Raid Tierras Al Andalus change de parcours, ce qui, compte tenu de l'organisation, est un véritable exploit. Cette année les chevaux allaient de Jerez de la Frontera pour se diriger vers le nord est vers Cordoba et la Sierra. L'année précédente, ils avaient pris la direction plein sud pour terminer près de Gibraltar.
L'équipe d'organisation est bien rodée, les rouages sont bien huilés... Tout a fonctionné à merveille : pas une seule erreur de parcours, les transferts bien organisées, les hôtels réservés et de bonne qualité, le parcours varié et de bonne qualité, les vétérinaires corrects et amicaux, la gastronomie toujours au rendez-vous et incluse dans les frais de participation.
Deux formules existent :

- la formule EQUIPOS (deux cavaliers/deux chevaux ou un cavalier/deux chevaux) avec une alternance, donc dans l'équipe il ne peut y avoir sur la piste QU'UN SEUL COUPLE à la fois un jour donné... en substance, un cheval fait en principe 4 jours et on repart chaque jour avec un cheval frais... formule pour ceux qui veulent aller plus vite ou, s'il y a deux cavaliers, se reposer un jour sur deux.

- la formule BINOMIOS (un cavalier/un cheval). Ici le même cheval repart chaque fois le lendemain. Un repos forcé peut être décidé par le cavalier et dans ce cas, la pénalité est équivalent pour ce jour-là au temps du dernier classé. Une élimination sur un jour entraîne une pénalisation de temps équivalente à celle du dernier classé. Le cheval, si le cavalier le désire et s'il est accepté au contrôle du lendemain, peut éventuellement repartir même s'il a subi une élimination.

Il faut dire que c'est fatiguant, aussi bien pour le cavalier que pour l'assistance. Pour le cavalier qui monte chaque jour, la fatigue s'accumule non pas à cause du parcours à cheval, mais plus par les à côtés : briefing tard le soir(8..9 heures), nourriture abondante, vins et bière, nuits courtes. Pour l'assistance, ce sont les mêmes pièges avec en plus les transferts des chevaux qui doivent avoir lieu sur certaines étapes lorsque les chevaux repartent à partir de l'autre bout d'une ville.

24.03 Alicante - Les quatre chevaux sont prêts à partir pour Jerez de la Frontera, lieu de départ de la course. Les trois chevaux prévus pour le raid sont blancs, hongres et de respectivement 9, 8 et 7ans : Mandchour du Barthas, Oriflamme Larzac et CC Blanco. Ils appartiennent au Centre Equestre Los Caballos Del Hondo à Joelle Sauvage (http://www.loscaballosdelhondo.com). Le van avec l'équipement et tout le matériel de réserve est sécurisé dans le van. Départ prévu de Alicante demain matin 6 heures pour arriver à Jerez dans l'après-midi. Les chevaux prendront le départ du Haras de remonte militaire de Jerez pour se diriger vers la campagne environnante.


24.03 Alicante - Alicante is located along the Mediterranean sea, 500km north of Jerez. The flag-off of the eight days race is foreseen on the 27th of March from Jerez. The three horses that we will ride are white, geldings and aged 9, 8 and 7 years : Mandchour du Barthas, Oriflamme Larzac and CC Blanco. They all belong to the Equestrian Centre Caballos del Hondo of Joelle Sauvage : http://www.loscaballosdelhondo.com/. The horses will start from the Military Stables in Jerez aheading to the countryside.

25.03 The Road across Andalusia - Today, early wake up, a quick breakfast, loading the horses in the trailer, making sure we have got everything. From Alicante, we took the direction of Murcia, admiring the orchards of orange trees. After Murcia we enjoyed the most scenic  part of the trip, crossing the Sierra Nevada and heading to Granada. Strong changes in the landscapes and the scenery, depending on the nature of the soils, the elevation and the geography : orchards (it is amazing to see how the Spaniards were using every available portion of land to plant orchard trees and olive trees), vineyards, pine tree forests, a bit of agriculture. Caroll had a great time shooting with her camera from the car. Then, after crossing the Sierra Nevada, we continued on the motorway to the direction of Sevilla across a flatter landscape with olive trees, agricultural fields and a bit of everything. After Seville, our cars and trailers head to Jerez de la Frontera. we were among the first to arrive at the Haras del Semento, military stables where stallions are kept.

25.03 La route à travers l'Andalousie, du nord-est vers le sud-ouest. Aujourd'hui, lever à 5 heures, petit déjeuner rapide, chargement des chevaux dans le van, ultime vérification du matériel et en route. D'abord en direction de Murcia, à travers les champs d'orangers et de citroniers, puis la partie la plus spectaculaire du trajet en se dirigeant vers la Sierra Nevada. Une succession de Sierras, chacune avec ses particularités - altitude, sols, expositions, géographie - qui ont conditionné au fil des siècles l'aménagement du territoire. C'est d'ailleurs étonnant la faculté des andalous d'utiliser chaque parcelle de terre pour y planter des vergers d'abricotiers, d'amandiers, de pêchers et plus en altitude d'oliviers. Toutes les photos prises sur le vol, à partir de la voiture. Ensuite, la traversée de la magnifique Sierra Nevada pour redescendre vers Grenade, puis direction Séville. Ensuite les deux voitures et leur vans prennent la direction de Jerez de la Frontera. Nous sommes parmi les premiers à franchir les grilles du dépôt militaire des étalons à Jerez.
26.03 One day before the start of the raid. First vet inspection in the morning in one of the sand arena  of the Haras, in front of the stallions of pure spanish blood who salute their arabian brothers with a lot of noise. It has been probably a long time for them to see this big gathering. At noon, we had to hurry to take quickly our cars and go to the Spanish School of Jerez for a performance. Very nice typical Andalusian building with plenty of garden, alleys, trees, fountains. We arrived a bit late, the performance had already started and the tribune of honor was already occupied by the quickest among the participants. NO problem, we got nice places in the lateral tribune. Amazing performance, the whole serie of dressage figures : passage, croupade, levade, piaffe, pirouette, changing lead, appuyers, épaule en dedans, pas espagnol... The carrousel which is always spectacular. Spectacular, educative and somewhere it let us reconsider our place in the world of equitation... But we don't do the same sport, indeed. We were kindly surprised later, when the organizers told us that we were exceptionally allowed to enter the stables, talk with the "ecuyers", visit the saddle room and the stables and watch the training. 

26.03 Un jour avant le départ du raid. Première inspection vétérinaire des chevaux dans l'une des carrières du haras militaire, en face des boxes des étalons, ravi d'avoir un peu de variété dans leur quotidien avec tous ces arabes et leurs cavaliers. A midi, vite vite dans les jeeps pour se rendre à l'Ecole Espagnole de Jerez où nous sommes conviés par l'organisateur à la représentation des écuyers. Splendides bâtiments de styles andalous comme il se doit, pelouses, allées jaunes assorties au jaune des soubassements et des contours de fenêtres, fontaines et bassins, arbres majestueux... Puis la représentation. Comme nous sommes tard, celle-ci a déjà commencé et la tribune d'honneur est au complet. Pas bien grave, la tribune latérale est déjà trop bien pour nous qui sommes un peu pouilleux à côté des autres spectateurs. La panoplie complète : pirouette au galop, épaules en dedans, appuyers aux trois allures, changement de pieds au temps, passage, piaffe, croupade, levade et l'incontournable pas espagnol. Puis pour conclure le classique carrousel. Spectaculaire, instructif et de quoi vous remettre à notre place. Mais nous ne faisons pas le même sport, n'est-ce pas. Plus tard, une bonne surprise préparée par l'organisation : visite des écuries et présentation et photos avec les écuyers. J'en ai même touché plusieurs, y compris une demoiselle. Puis visite de la sellerie et observation de la mise en jambes des chevaux avant l'entrée dans le manège.

27.03 Day one... Jerez-Sanlucar(65km). Keeping horses under control... Controlled start behind the police across the streets of the suburb of Jerez. Horses behaving ok. No fall even on the slippery asphalt. Then the real things. The first stage across agricultural zones. Just like some place in Belgium or North of France. Am I here just for that? No, of course... Second stage of the first day is more interesting. We were heading to the ocean along the Rio Guadalquivir. Nice landscape, green, with plenty of spanish cows with huge horns running free... brrrrr... But our horse run, let's hope faster, just in case. Then along salt lakes and the beach. heavy deep sand. My horse CC Blanco is fed up to be alone. His two buddies, Manchour du Barthas and Oriflamme Larzac are far ahead of us, on board Joelle Sauvage (the owner of the three) and Miguel Pavlovsky. We are happy to catch up with the two German and one Swiss ladies who had some trouble to cross a seawater wash. So the last km in good company.

27.03 Jour un. Jerez-Sanlucar(63km). Contrôler l'excitation... Départ contrôlé avec la police devant et derrière à travers la banlieue de Jerez. Ouf, heureusement, car l'asphalte est glissante. Après trois km, les champs et le vrai départ. On traverse des zones agricoles. On dirait la Champagne. Zut alors, suis-je venu ici pour ça? Non, bien sûr... La deuxième étape du premier jour est déjà plus plaisante lorsque l'on arrive au Rio Guadalquivir que l'on longe pour atteindre son estuaire. Des étangs, des herbages avec des vaches à longues cornes en liberté. On traverse sans qu'elles ne réagissent. Heureusement car les mon CC Blanco n'a pas l'air d'apprécier les vachettes. Intervilles c'est pas son truc, déjà qu'il réagit à chaque papier, herbe ou caillou qui ne lui semble pas à sa place. Puis la plage atlantique et le sable mou. Blanco en a plein les pieds d'être seul depuis 20km, ses copains Manchour du Barthas et Oriflamme Larzac sont loin devant. Mais heureusement trois allemandes ont des difficultés à passer un petit bras de mer et on les rejoint. Sauf que maintenant c'est mon cheval qui ne veut pas passer. OK, il est passé, pressé de rejoindre les chevaux allemands.

28.03 Deuxième jour. Sanlucar-El Rocio(51km). Le bac, la plage et la route... Le chemin de la veille en sens inverse jusqu'à la plage où attend le bac pour traverser le Rio Guadalquivir. Le premier contingent embarque sans difficulté. Le deuxième aussi. Nous embarquons sur la dernière traversée et malheureusement un cheval récalcitrant nous fait perdre une bonne demie heure, attendant dans le bac en essayant de contrôler nos chevaux pendant que l'on essaye par tous les moyens d'embarquer le grand bai. La bonne vieille méthode du "un premier pied sur la rambarde, puis un deuxième, pousser à deux l'arrière-main" a encore fonctionné, mieux que coups et coercition. Départ sur l'autre rive pour 35km de plage. Départ relativement tranquille malgré mon appréhension sur le sang chaud des espagnols. Trot avec Blanco. Après 10minutes, Miguel et Joelle en ont marre du trot et parte au galop. Mieux vaut ne pas les suivre et asphyxier Blanco car le bougre doit être mené avec doigté. On joue à l'élastique avec le groupe des bourguignons. Premier canter, Blanco tire, s'encapuchonne, rendre, reprendre, calmer, il comprend, le vent dans les yeux, le bruit des vagues à gauche, le cliquetis de la gourmette sur la branche du mors, le cheval qui se détend, le brou-brou maintenant à chaque foulée rythmé avec sa respiration, on y est, à l'économie, plat et détendu. Que du bonheur...
Escalade de la dune et vetgate dans un centre équestre après 35km. Repos de 30min puis départ le long du highway vers la cité de El Rocio. El Rocio est célèbre à travers toute l'Espagne pour sa procession. On se prépare toute l'année pour l'évènement, on entraîne les chevaux, les mules, les lourds pour se rassembler, à près de 1 million de personnes pour la procession avec "Blanca Paloma", la Vierge de Rocio. La piste le long de la route est merdique, sable mou; on prend plutôt la route malgré les injonctions des organisateurs pour que l'on reste dans le sable... A ce train-là on rejoint nos deux comparses, plus respectueux des règles qui pourtant n'ont pas été annoncées au briefing de la veille. Arrivée à trois sur la place de sable de la cathédrale de El Rocio... Magique

28.03 Second day. Sanlucar-El Rocio(55km). The boat, the beach and the highway... Taking the same trail as yesterday back to the beach. The boat to cross Rio Guadalquivir. The first batch of horses embark without trouble. The second the same. Now our turn. One big bay Spanish horse doesn't agree to load on this strange thing. They try everything except kicking with the long bamboo stick while we all disagreed with this. Finally the good old method of "one feet on the loading bridge, the second, holding and pushing with two men on the hind legs" worked once again. Flag-off on the other side of the rio, then almost immediately on the beach along the ocean. Horses and riders are taking it easy despite my fear of having to deal with a racetrack start. Blanco accepts to trot gently to get a good warm-up, but after 10min, Miguel and Joelle are fed up with the trot and want to canter. I prefer to let them go, yesterday by willing to follow them, my horse was over his aerobic capabilities. Furthermore my guy needs to learn a bit of independence and quit his exaggerated heard instinct. We keep it with the riders from Burgundy, sometimes trotting sometimes cantering, but not yet the way I'm looking for, the smooth and relaxed sleeping canter. Blanco is pulling, teasing his head, then putting his head inside the breast... giving... holding back... giving again... calming him with the voice... He begins to understand... The wind blows in our eyes, the noise of the waves at the left, le gling-gling of the chest chain on the branches of the bit, the horse who finally calms down, now the brouwww-brouwww of his respiration at every step of the canter... here we are... economical, flat, relaxed... Le Grand Bonheur...
Climbing of the big dune to arrive at the vetgate installed in a riding club, after a good 35km. Rest for 30min then the last 20km along the highway heading to El Rocio. The city is famous across the whole Spain for the pilgrimage of the Virgin of El Rocio, "La Blanca Paloma". The celebration traces back to the 13th century.  Everyone prepares during the whole year horses, carriages, mules, donkeys to gather at El Rocio. The celebration attracts one million people per year.
The trail along the highway is miserable, deep sand, rocks and other stuff. We prefer to trot and canter on the asphalt, on the side of the highway. Blanco is very happy about that. At this speed we catch up with our two compagneros and arrived together in the center of the village of El Rocio. Magical...

29.03 Troisième jour. El Rocio-Sevilla(67km). Forêt de pins puis zones agricoles. Après le lunch pantagruélique(6 services - salades, calamars, fritures diverses, morue, porc à la pomme de terre, gâteau), le petit déjeuner du lendemain, pourtant très copieux ne tentait pas grand monde. Tous cherchaient qui des tomates, qui des fruits ou des yaourts. Départ à 9 heures de la place de l'église de El Rocio pour une première étape à travers les pinèdes. De bonnes allées très larges, sablonneuses le long de pins parasols. Rien que du canter pour ceux qui voulaient aller vite. Vetgate dans une zone ombragée. Puis votre scribe préféré a oublié et plutôt que d'inventer des bêtises...
Repas sous tente copieux et de bonne facture, encore une fois, on se répète.

29.03 Third day. El Rocio-Sevilla(67km). Pine woods then agricultural landscapes. After the pantagruelic (no word in english to describe a huge and hearty 6 plates lunch) - varied salads, calamari, varied fried dishes, salt-cod with eggs, potatoes and onions, pork the andalusian way, dessert - the breakfast of the morning after didn't catch much interest. everyone was looking for fruits, tomatoes, yoghurts and juices. Flagg-off at 9AM from the central place, in front of the Church of El Rocio. First part of the stage across very good sandy alleys with pine trees and parasol pines. Canter for the ones willing to make time, alternance of trot and canter for the most cautious ones. What happened after the vetgate, I forgot, so it's just better to shut up. After the finish, but it is necessary to repeat that again, a very good meal for all riders and crew.

30.03 Quatrième jour. Sevilla-Carmona(54km). Zones agricoles. Hier soir après le briefing à l'hippodrome de Seville, encore un repas improvisé de viandes diverses, arrosé du vin du Raid, un Reserva rouge d'Extremadura très gouleyant. L'organisateur avait simplement annoncé un drink... comique comme les drinks à la mode andalouse se transforment en repas complet. Avec nous la Périgouse pour quelques petites discussions sur les chevaux gentiment prêtés par Jean-Pierre Pourquier aux cavalières belges l'automne dernier. Les chevaux avaient été transféré de l'autre côté de Séville par van ou camion pour être hébergés à l'hippodrome. Ce matin, départ contrôlé à partir de l'hippodrome pour traverser la banlieue environnante puis le vrai départ était donné à 11 heures - quel luxe de pouvoir se lever plus tard pour la première fois. Un parcours somme toute agréable le matin, puis monotone l'après midi dans la campagne, en direction de la ville médiévale de Carmona. Une très jolie ville perchée avec château, tour de garde, venelles, églises de toutes époques. Une dernière ligne droite de près de 8km avec en point de mire l'impressionnant promontoire de la ville médiévale coiffé des tours du château et de toutes les églises de la ville. Arrivée dans le parc ombragé du centre ville. Nous sommes logés dans un hôtel cossu, chambres dallées de marbre, décorations en bois peints, baldaquins. Un peu la gêne de se présenter au lobby en collants et chaps dégueus, mais bon, nous on fait de l'endurance.

30.03 Fourth day. Sevilla-Carmona(54km). Agricultural landscape. Yesterday, we had the briefing at the racetrack of Sevilla where the horse had been trailered yesterday evening. Then, varied tapas and the red wines from Extremadura. Funny that the organizers announced just a drink which transformed to a good dinner.
This morning, controlled start, all horses walking and trotting in a pack across the suburbs near the racetrack. Real flag-off at 11PM. What a big treat to be allowed to sleep late for the first time. In the morning the trail was nice with good footing, flat, across cereals fields and olive trees. In the afternoon, it was a bit monotonous with strait trails heading to the medieval city of Carmona. The city is located on a ridge overlooking the plain. We climbed the hill at the south side to enter the city beside the Moorish citadel and the old church of San Pedro. It looks like the city is very rich in churches, convents and hermitages. The finish line was installed in a nice shady park at the foot of the old roman wall. Very nice old and typical parador transformed in an hotel to accomodate the quite dirty riders and their crew, but this is endurance.

31.03 Cinquième jour. Carmona-Ecija(62km). D'une cité à l'autre, à travers la campagne. Briefing hier soir dans une des multiples demeures patriciennes de la ville. Venelles, ruelles et immeubles historiques, palais-églises-prieurés-couvents, jalonnant le kilomètre entre l'hôtel et le lieu du briefing. Victoire de la bourguignonne Nathalie Michel de l'équipe de Jean de Chatillon hier soir à la vitesse record de  20,12kph. Ensuite, comme d'habitude, dîner de tapas et vins du cru. Ce matin, la gonfle de CC Blanco ne s'est pas arrangée, son dos est sensible. Il vaut mieux faire l'impasse aujourd'hui. Mandchour et Oriflamme eux sont OK et prennent le départ. Pour ne pas prendre la pénalité maximale, je prends le départ pour m'arrêter après un kilomètre comme le règlement du raid le permet. Départ contrôlé à travers les ruelles étroites du centre historique de la cité. D'abord sous le porche du château du xxème - encore un peu et on se prendrait pour Gandalf sur son cheval blanc - puis à travers les ruelles pavées - bruits des sabots sur la pierre, ébrouements des chevaux, hennissements, salutations et encouragements des gens aux balcons... l'Andalousie est le pays du cheval. Pour CC Blanco et moi, la journée s'arrête là, reconduit par une voiture de police le long du promontoire rocheux de la cité vers la zone des boxes. Nous embarquons mon cheval dans le camion des cavaliers catalans - merci à Antonio - pour nous rendre directement vers Ecija, enfin presque puisqu'un petit arrêt "cafe solo - caraquillo - café americano - café cantado" s'impose. Arrivée aux boxes, glace sur la gonfle de Blanco et attente des premiers. La première à arriver, encore la bourguignonne Michel mais comme l'arrivée est au vetgate (classement établi en fonction de l'entrée au vetgate, cheval à 56BPM), elle se fait passer par plusieurs chevaux. Finalement c'est Lise Chambost qui gagnera l'étape avec Dams El Derkouch, un phénomène dans ses récupérations. Quelques soucis de boiteries, on est à près de 300km de course pour les chevaux qui ont fait toutes les étapes. Oriflamme Larzac sera malheureusement parmi les éliminés du jour. Pas de gonflement ni de pulsation ou atteinte. On verra bien demain comment il sera. L'arrivé a été jugée suivant la règle du vetgate - impossible de prévoir le dégagement nécessaire à un sprint - les chevaux descendant d'une petite colline pour emprunter ensuite quelques routes et ronds-points pour arriver à l'école équestre de la ville, à côté du dépôt militaire des étalons.

31.03 Fifth day. Carmona-Ecija(62km). From one city to the other, across the countryside. Yesterday, the briefing was held in a patrician old building. Narrow historical streets, old buildings, palaces-churches-prieures-covent, amazing you don't know where to put your eyes. The lady from Burgundy was the first to cross the finish line at an impressive speed of xx kph. She is from the team of Jean de Chatillon, well know in France. After the briefing, but it is necessary to mention that, tapas dinner with a good choice of different meats, fried tapas, gazpacho, fruits and of course some red wines from Extremadura. This morning the saddle soreness of CC Blanco is not going better, my buddy is sensible on a half-a-hand spot. So I prefer to give up for today, take the start and quit after one kilometer to avoid the big penalty. Today, it is a controlled start across the narrow streets - old typical pavement of stones. First we passed thru the majestic entry of the xxth century castle - with a bit of imagination, you could dream of being Gandalf the great on his white horse. The noise of the shoes on the stones, the jiggling of the bits, the horses calling their buddies, the applause of the people at their doors... The White Andalusia is the country of the horse. For CC Blanco and I, the ride day is already at its end. We load the handsome gelding in the truck of the Catalan team - gracias Antonio - and we head to Ecija. We nevertheless stopped for the traditional "cafe solo or americano or cantado or caraquillo or soble". At the arrival on the venue, a pack of ice on the saddle soreness of Blanco. The bump has almost disappeared. Waiting for the first riders to arrive. Today again, the same lady from Burgundy is the first to arrive, but as it is a vetgate finish, she got passed by a couple of horses at the game of recovering speed. Finally this fifth stage is won by Lise Chambost riding Damas el Derkouch. Some lameness problems start to appear, horses who ran every day are near the 300km milestone. The fast speed of the previous days is taking his toll. Unfortunately Oriflamme Larzac is among the horses vetting out lame. No wound, no swelling, no pulse of the forelegs.

01.04 Sixième jour. Ecija-Cordoba(58km). Du dénivelé enfin. On s'approche de la Sierra, le terrain commence à s'élever. De grosses collines arrondies couvertes de champs de blé. Il a plu durant la nuit et les fonds des vallons sont boueux. Rien d'exceptionnels pour nous les belges mais nos chevaux ne savent pas trop comment gérer boue et flaques d'eau. Miguel et Oriflamme ne partent pas même si le cheval est carré. CC Blanco a récupéré, sa gonfle le long de la colonne a disparu mais par précaution nous appliquons un pansement au silicone après avoir bien rasé l'endroit litigieux. Le pansement restera en place tous les autres jours. Remède miracle à retenir, on ne sait jamais. Un joli paysage alternant les collines vert tendre du blé jeune, le vert gris des plantations d'oliviers, le jaune beige des pistes. Pour nous, presque la course en tête, du moins pour les compétiteurs courant sous la formule "binomios - un cavalier, un cheval". Mon cheval a récupéré tout son mordant avec le repos forcé de la veille, il faut même remettre les rênes en bas du montant du mors Kimberwick. Après la campagne, quelques pistes en gravillons, les premiers faubourgs de Cordoba. Les chevaux sortent maintenant sur l'asphalte d'une avenue très fréquentée, passent le pont du Rio sur une piste protégée par des cônes. La police est présente à chaque carrefour pour stopper la circulation et protéger les chevaux. Organisation parfaite. Nous roulons de concert avec Jean de Chatillon et ses cavaliers. Les remparts de la ville sont en vue, un tournant à droite sur les pavés et l'arrivée au centre équestre en bas des remparts. Cool. Zut... Blanco a perdu un fer à l'antérieur droit mais heureusement, juste vers les derniers hectomètres. Mettre l'easyboot et arroser en même temps, seul, alors que Caroll n'a pas pu arriver à temps à cause de la circulation en ville, ce n'est pas très commode. Avec Joelle nous avions passé la ligne d'arrivée les premiers mais nous nous ferons passer par trois chevaux qui récupérerons plus vite. Mandchour 3ème, Blanco 4ème. Demain c'est le jour de relâche. Au programme, grasse matinée - relative car déjeuner à 9 heures - puis remise en ordre du matériel dans les vans et visite de la Mesquita de Cordoba, construite au 7ème siècle par les Visigoths puis transformée et agrandie par les arabes au 8ème siècle. Une merveille d'harmonie même si on reconnait tous les styles qui s'y sont succédés. Au soir, briefing dans la majestueuse salle des mosaïques de l'Alcazar des Rois Chrétiens. Discours par le Maire de Cordoba, visite privée des jardins de l'Alcazar sous la lune, tapas, vino tinto, cerveza.

01.04 Sixth day. Ecija-Cordoba(58km). Hills. We come close to the Sierra, the trails becomes steeper. Some big rolling hills covered with cereal fields. It rained during the night so the bottom of the valleys are muddy. Nothing exceptional for the belgians, but our horses are used to Spain and need some time to adapt. Miguel and Oriflamme don't take the start. Blanco, my horse, has recovered from his saddle soreness. We play safe by applying a band-aid with silicone to protect his delicate skin. Good stuff indeed as the band-aid will stay for the three next days. Nice landscape alternating light green hills, the green grey of the olive trees, the yellow-beige of the trails. For us riding as binomios (one horse-one rider), it seems that we are in the lead. My horse is very strong after his rest of the day before. He pulls and I have to switch the reins to the bottom of the Kimberwick bit. After the countryside, a few dirt roads and we see the first suburbs of Cordoba. We are now on the asphalt, in a corridor protected by the police. The police is everywhere, at each crossing to protect and lead the way. Perfect organization. We are together with de Chatillon and his gang. We take the big bridge to cross the Rio. The walls of the city are in sight. A last turn to the right, a dangerous downhill on pavement and the finish along the old ramparts of the city. Holy Cow... Blanco has lost a shoe in the front. Caroll had trouble to arrive on time with the car and the trailer in the traffic. I'm alone for cooling off the horse and trying to put the easyboot at the same time. It looks like I learned from my american adventures to quickly put an easyboot:-) It is a vetgate finish (first horse vetting in - first horse ranked). We got passed by three others... C'est la vie!
Tomorrow, we have a free day. First a relative long sleep (breakfast at 9pm) then cleaning-up a bit the equipment. And finally the visit of the Mesquita of Cordoba. A wonder... first build by the Visigoths in the 7th century then remodeled and extended by the Moorish in the 8th century. In the evening the briefing was held in the prestigious room of the ceramics at the Alcazar of the Christian Kings. Speech by the Mayor of Cordoba, private visit of the gardens under the moon, tapas and the inevitable vino tinto, tapas and jamon iberico.

03.04 Septième jour. Cordoba-Villa Franca(61km). La montagne cette fois. Comme nous repartons du point cardinal opposé, transport obligatoire des chevaux en convoi de camions et de vans, escortés par la police sous un concert de klaxons - il est 9 heures, c'est l'heure de pointe - et de sirènes. La police bloque tous les ronds-points et carrefours pour nous ouvrir le passage. Amusant. Après trois quarts d'heure, enfin le vert des pâturages, les premiers contreforts de la sierra couverts de chênes verts ou blancs et de pins parasols. Déchargement des chevaux ravis de pouvoir se ruer sur l'herbe tendre. On nous avait promis du beau, du pittoresque, du spectaculaire... Le Parc Naturel de xxx nous a exceptionnellement ouvert ses grilles. Magnifique. Une première ascension sur quelques kilomètres sur de bonnes pistes de terre ou de gravillons. Des forêts de pins que nettoient les bucherons du parc - sûrement pour limiter les risques d'incendie. Une longue descente en lacets sur un terrain forcément caillouteux dans les tournants. Toutes les nuances du vert sont là. Moi qui m'attendait à une Andalousie jaune et blanche, à des herbes rabougries. Les derniers kilomètres, le Rio Guadalquivir est en vue, on le traverse une première fois en enjambant un premier pont en face d'un village perché. Puis le long du Rio avant de retraverser vers la ligne d'arrivée. Nous ne sommes pas parmi les premiers. Blanco et Mandchour passent bien le contrôle. Course finie pour Oriflamme qui avait pourtant été parfaitement droit sur tout le parcours. Demain c'est le jour le plus long (77km) et le plus vallonné. Repas de toute l'équipe au restaurant de notre motel, accompagnée par Christian Fennaux, le journaliste belge bien connu officiant en Espagne depuis vingt ans. Excellent menu typique proposé par ce restaurant routier qui a connu ses heures de gloire lorsqu'il fonctionnait 24h/24 le long de l'autoroute Séville-Madrid, avant l'époque des tachygraphes.

 

03.04 Seventh day. Cordoba-Villa Franca(61km). The mountains. As we are leaving Cordoba from the north, horses have to be transported by trailers or lorries to the start. Funny crossing of the city during the peak hours with the police stopping the traffic at each crossing, sirens, concert of horns. Finally the light green of pastures, the dark green of the hills covered by pine trees and oaks. Horses are eager to taste this fresh and tasty grass. We have been promised for some nice, scenic, picturesque... we got it. A national park opened its gates just for us. Scenic. A first climbing using good trails. Pine forests with many wood cutters cleaning up the forest - fire protection maybe. A long and gradual downhill where you have to pay attention in the rocky turns. I was expecting a yellow, brownish Andalusia... Everything is so green, from tender green to the dark green of the pine trees. Last kilometers... Rio Guadalquivir is on sight. We cross it a first time and go along the bank. We cross again to head to the finish line. Blanco and Mandchour pass the vetgate, but Oriflame is lame. Very strange as the guy was perfectly sound during the whole day. Tomorrow we will face the longest and toughest day, 77km. Again a very good and typical spanish dinner at the restaurant of our motor-inn with Christian Fennaux, the belgian journalist who is almost spanish as he lives there since 20 years.

04.04 Huitième jour. Cordoba-Cordoba(80km). Montagnes et parcs naturels. On exagérerait presque en affirmant que rien que cette journée valait le déplacement en Andalousie. Rien de des lieux magiques que l'on pourrait croire inviolés. Un nature incroyablement variée, des chênes verts, des chênes blancs, des pins de toutes sortes, des fleurs, des plantes de toutes sortes l'après-midi dans le Parc Naturel de xxx, celui où les dignitaires espagnols aiment à aller chasser. Le doux canyon du Rio xxx qui traverse le parc. Les plus hauts sommets culminent à 800 mètres, donc ce n'est pas encore la Sierra Nevada enneigée à quelques 100kms au Nord. La température est idéale, le matin brumeux lorsque les chevaux ont démarré une première escalade vers le premier plateau (on pouvait se croire sur un Causse des Cévennes au printemps et parfois dans la célèbre Vallée du Bonheur sur le tracé de Florac). Une harde de biches traversent juste devant nous à vent contraire, sans que les chevaux ne les aient senties arriver. Grand moment pour le petit groupe de cavaliers dont nous faisons partie. Descente graduelle sur l'asphalte puis remontée toujours sur l'asphalte vers le premier vetgate. Heureusement que je pense à lever les postérieurs de Blanco. L'un des fers allait casser au pinçon, l'autre ne valait pas mieux. Deux easyboots dont un d'emprunt par dessus les fers... grossière erreur de ne pas avoir accordé 15min au maréchal ferrant pour referrer car un kilomètre après la sortie du vetgate, le câble de serrage du faux easyboot a déjà cassé. Zut, en plus je suis seul, personne pour m'aider à me faire comprendre. Coup de fil au maréchal ferrant en utilisant les dix mots d'espagnol que je connais. Il semble avoir compris. En attendant, j'enlève le deuxième easyboot. 10min plus tard il est là et nous fait un travail super rapide. Muchos Gracias, Senor Herrado... Mais on a perdu une petite demie heure, on a été dépassés par  et on est les derniers. Blanco sera-t-il capable de revenir sur les autres

Près de 500km de courses, de Jerez à Virgen de la Cabeza du 27 mars au 4 avril.

Un classement par équipe de deux cavaliers et en individuel, mais c'est avant tout l'occasion de découvrir l'Andalousie à cheval.

"endurance-belgium" publiera une chronique quotidienne de la course. Restez branchés...

Plus d'informations sur http://www.tierrasdeal-andalus.com/

 


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