Nelly Philippot de l'Elevage du Moimonnay nous raconte sa course à Mons/Ghlin en nous brossant d'abord un rapide tableau de sa vision de l'endurance actuelle.
Par Nelly Philippot Photos Caroll Gatelier, www.endurance-belgium.com
L’endurance est une discipline « jeune », entendons récente chez nous. En
Australie, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, des « farmers » avaient depuis
longtemps rendus compétitives leurs « sorties » du dimanche sur leur chevaux
habitués à travailler le bétail toute une journée. En Europe, cette discipline
équestre n’a fait son entrée définitive que dans les années ’70 (hormis quelques
tentatives antérieures, souvent malheureuses parce que mal préparées …). En
Belgique, c’est à l’initiative d’un groupe de randonneurs hutois, que
l’endurance voit le jour en ‘83. A l’époque des pionniers, tels André Heinen,
Michel Troisfontaine, Jacques Ghislain, Richard Gruslin, Guy Lejeune et Leon
Ferraille, pour ne citer que les premiers qui me passent par la tête, la moyenne
d’age des cavaliers se situait plus près des 45 ans que des 20 ans. Avec mes 35
ans, je figurais de « cadette » parmi les seniors… A cette époque, pas de selles
« spécial endurance », pas d’électrolytes ni d’artiflex … et les Championnats de
Belgique et d’Europe se gagnaient à du 13km/H (exceptionnellement 15km/h ). Le
slogan de la discipline était d’ailleurs : « Terminer, c’est gagner » !
Progressivement, certains y amenaient leurs enfants adolescents, tels les 2 Malpasse, Laurent Botton … et ce fut le début du « rajeunissement ». Dans les années ’90, l’endurance se développait dans une ambiance « bon enfant » et les techniques spécifiques d’entraînement et la réglementation des raids d’endurance se peaufinaient. Vers la fin des années 90, l’engouement par les cavaliers du Moyen-Orient pour cette discipline, qui est « coupée sur mesure » pour le cheval arabe, donna un tout autre caractère au sport. L’argent (tant comme dotation pour les gagnants que par les offres d’achat faites pour les meilleurs chevaux) s’en mêla et le « professionnalisme » fit son entrée au point qu’en France, maintenant, les courses pour cavaliers professionnels (en général au service des Princes d’Orient) et pour amateurs sont séparées. La Belgique a emboîté le pas dans ce sport magnifique et est pour l’instant, tout du moins en Europe, parmi les pays qui « comptent ». Grâce à notre ambitieux Entraîneur National, la Belgique est présente sur chaque Championnat, à toute « Coupe des Nations » … et bien sûr au Championnats du Monde ! Nous avons une légion de cavaliers juniors qui trépignent et ambitionnent la vitesse et la gloire et également beaucoup de cavaliers d’age mûr qui défendent allègrement nos couleurs à l’étranger. Une rasade de victoires, coupes et titres de champions comble chaque année nos espoirs. Au niveau de l’organisation aussi, la Belgique a sa part dans les CEI ** ou *** tant pour seniors que pour juniors. Je pense ici à la belle épreuve de Libramont, bien cotée dans le « circuit » pour les juniors et l’épreuve de Mont-le-Soie, réputée parmi les plus belles par les paysages, mais aussi parmi les plus « éprouvantes » d’Europe par son tracé et son sous-sol.
De retour en endurance après 15 ans d’absence, j’ai été frappée par ces changements: la majorité des cavaliers sont très jeunes ce qui assure un bel avenir au sport. Leur enthousiasme permet de rehausser le niveau des performances. Par contre, j’ai toujours pensé que l’ « endurancier » devait avoir une grande « maturité » équestre … il s’agit en effet d’évaluer l’intensité de l’effort que le cheval pourra « tenir » pendant la distance voulue et si l’on part trop vite, souvent on n’arrive pas au bout … Comme en courses de plat, il est assez rare (mais cela existe néanmoins !) qu’un cheval fasse un « de bout en bout » … Vu que cet évaluation n’est pas simple et ne s’acquiert qu’à force d’expériences avec chaque cheval, on se retrouve vite avec des cavaliers d’âge. Par ailleurs, il faut aussi être « homme de cheval », alimentation, ferrures, entraînement, psychologie etc … Beaucoup de choses qui ne s’acquièrent qu’au fil de l’expérience… A l’opposé, personellement, j’ai sans doute une tendance à « sur-économiser » mes chevaux car je sais ce qu’il en coûte d’efforts et de patience pour en « fabriquer » un bon… et je courre donc comme la petite vieille que je suis, mon but premier n’étant pas de « gagner », mais de ne pas laisser éliminer les chevaux par excès d’ambition du cavalier. A cause des encouragements de certains et un peu étonnée que de plus en plus souvent on honore les plus jeunes cavaliers, j’avais fini par émettre l’idée d’une compétition pour les vétérans. Il semble que les cavaliers suffisamment tenaces restent compétitifs en endurance et gagnent par leur expérience, en stratégie et technique. En Afrique du Sud, j’avais vu un classement séparé des Vétérans dans toutes les grosses épreuves, tout comme ils ont également un classement séparé pour « poids lourds », car il va de soi que l’effort fourni par un cheval portant 75 kg (poids min dans les grandes épreuves) n’est pas comparable à celui d’un cheval portant 100kg sur le dos, poids pas rare pour les hommes adultes en Afrique du Sud. Je ne sais pas si j’ai eu une influence sur cette décision, mais il s’est fait que la Belgique a lancé l’idée d’une coupe du Monde (on voit tout de suite grand !) des Vétérans, initialement élégamment appelés ‘cavaliers d’expérience’ ….sans doute pour pouvoir laisser cette course ouverte aux cavaliers à partir de 45 ans, ce qui n’est bien sûr pas « vétéran » dans ce sport, où on ne peut que bonifier avec l’expérience. Mais pour un premier jet et afin d’être certain d’avoir un nombre acceptable de cavaliers inscrits dès la première édition, c’était une bonne chose, qui sera sans doute adaptée lors d’une prochaine édition.
Depuis l’annonce de la « Coupe du Monde pour Vétérans », je m’étais mis en tête d’y participer … oui, mais, c’était sans tenir compte des déboires de cette saison …. Si moi je m’étais (re)-qualifiée en réussissant les 100km à Mellet avec Nerveuse, il fallait encore qualifier Nugum! D’accident en saison de saillies, de Foire de Libramont en annulations successives de concours d’endurance, Nugum ne démarre son entraînement qu’en début Août … Pour Nafraiture, il aurait été fin prêt pour une 60km, mais d’aucuns nous disent que la 80km est « proportionnellement » plus « roulante » …. Donc, en avant, du moment qu’on ne force pas l’allure! Beau parcours assez dur, mais ça marche … Reste à faire une 100km …. Il n’y a plus que Mont-le-Soie sur le calendrier, puisque Tessenderloo, l’alternative, a lieu 2 semaines avent Ghlin, c’est trop juste pour deux efforts successifs …. Bah, Mont-le-Soie, c’est bien trop dur comme préparation pour Ghlin, mais pas d’alternative … on roulera (Nakir passe sa qualification sur 100km en même temps) à la vitesse « plancher » … et cela réussit haut la main aux deux chevaux.
Maintenant, la tension monte et le moral baisse ! Il ne reste que 6 semaines avant Ghlin !! Un peu de reconnaissance du parcours lors des courses de galop à Ghlin, reprise du tracé sur les cartes IGN détaillées … tous préparatifs qui donnent de plus en plus envie mais provoquent aussi des coliques chez moi … Il faut encore des tours de passe-passe pour arriver à « terminer » l’entraînement de Nugum qui s’est planté un fétu de paille dans la muqueuse de la narine et tousse quelques jours après avoir saigné du nez … et tout cela bien sûr à quelques semaines de la course … mais « vive les antibiotiques » et cela se guérit aussitôt ! Bon, il faudra à nouveau tempérer l’effort pour tenir compte de cette discontinuité dans l’entraînement ! Tant pis, la sagesse d’abord ! Ils n’auront qu’à imaginer que c’est la « vétérane » en selle, qui ne sait pas aller plus vite … après tout, je serai la seule vétéran féminine et la deuxième plus vieille au départ …. En dernière minute un de nos deux intendants prévus est rappelé au travail et c’est au pied levé qu’Elodie (jeune cavalière d’obstacle, mais assez « nouvelle » en endurance) rejoint Jean-Jacques Mignon , cavalier français de haut niveau pour assister notre quatuor Dirk + Nerveuse et Nelly + Nugum. Intendance un peu compliquée car deux vet-gates se font ailleurs que le « camp de base » … mais avec un amas de matériel, nous parvenons à organiser tout cela … avec une pensée émue pour les organisateurs de la course, qui ne doivent pas avoir la tâche facile avec ce vet-gate délocalisé. Stress aussi pour les boxes … Nugum, étalon reproducteur de son état, et moi qui sais que les cloisons mitoyennes entre les box à l’hippodrome de Ghlin ne font que 1m90 de haut …Comment va t’il se comporter ??? Ouf, Robert Antoine, responsable des box, à adjugé le rang de boxes avec cloisons plus hautes aux étalons ….et Nugum se comporte en vrai gentleman … on ne l’entend pas et il s’empiffre de paille … Comme il devient « bonne fourchette » avec l’âge, celui-là ! Après le briefing, on annonce le recul de l’heure de départ à 8 heures (au lieu de 7h) pour plaire à certains – « noblesse oblige »! Oh la là, voilà qui va nous faire arriver dans la nuit noire !! Et le tronçon qui a été soigneusement balisé avec des repères fluo est celui du départ de la première boucle et non pas le retour de la dernière boucle !! Vite, vite, essayons donc de mémoriser le tracé de cette boucle jaune … Les chevaux en connaissent une partie car nous avons entraîné sur une 50-aine de km dans la forêt proche de l’hippodrome le WE dernier … Il faudra compter sur leur sens de l’orientation! Mais attention, nous venons d’apprendre que les parcours ont étés modifiés! Mais avant de stresser pour la fin, commençons par le début. C’est l’énervement et la cohue du départ en masse. Hm, un tour de galop de la piste, qui n’a pas été arrosée !! Il faut avoir entraîné à Ghlin pour savoir que le géopad de Ghlin n’a pas encore assez d’ancienneté … et qu’il ne porte donc pas. Je lui aurais préféré la piste de trot … qui n’est pas plus mauvais terrain que le macadam sur lequel beaucoup d’ «enduranciers » galopent allègrement actuellement. Par contre, ce tour permet à la colonne de participants (entre 45 et 50 au départ, Vétérans et CEIO*** confondus) de s’étirer un peu avant de s’engouffrer dans les sentiers plus étroits. Déjà les ambitions des différents groupes de cavaliers se dessinent ! Bon, partir comme des boulets de canon, c’est une chose, mais arriver à terminer les 130, c’est autre chose …

Nelly et Nugum MMN (Kniazj x Ganuma par Komplekt) :
départ au petit matin …
Pour quand nous avons « décroché » du peloton, j’ai déjà des ampoules aux mains. Pourquoi n’ai-je pas mis de gants pour la première boucle!? Oublié les ardeurs de mon garçon!? La prochaine fois, j’y penserai! Le jour se lève progressivement et nous commençons à pouvoir apprécier le terrain et la forêt. Malgré bien des obstacles divers tels l’absence d’une grande partie du « noyau dur » de l’endurance, tant cavaliers, qu’organisateurs, à cause du Championnat du Monde, la date qui tombait en période de chasses, les impératifs des Eaux et Forêts, … quelques âmes dévouées à la bonne cause nous ont concocté une belle épreuve. Au départ de l’Hippodrome de Ghlin en plein Borinage, on se demandait bien ce que cette région pouvait offrir de beau ?! Mais nous évoluons dans de très beaux coins avec une belle lumière (heureusement, une chance extraordinaire a doté l’épreuve d’une belle journée entre des journées pluvieuses) tant dans la Forêt de Ghlin que dans le Bois de Baudour, mais surtout dans les Bois de Beloeil, avec des pièces d’eaux , des marécages et autres flaques boueuses, mais aussi de très beaux chemins souples en sable.

Marc Bolland et El Faro (Roban Ali x Fatima VL par Kniazj)
Très peu de dénivelé, mais des zig-zag en compensation…. Je ne sais pas s’il serait possible de tracer un parcours plus enchevêtré que celui-là … mais cela mettait de l’animation, car ceux qui partaient, croisaient ceux qui revenaient et qui remontaient pour le recroiser encore plus tard, le « boulevard du château », ainsi baptisé car il semblait que tout le monde s’y était donné rendez-vous pour discuter du parcours en essayant de s’y retrouver. D’aucuns même de téléphoner à leur assistance pour se repérer. La reconnaissance que j’avais fait auparavant sur base des cartes publiées bien à l’avance sur le site de l’épreuve, n’était pas utiles non plus, vu les modifications de parcours, sinon pour une orientation générale sur le terrain … Heureusement que quelques cavaliers illuminés avaient leur carte sur eux et ont marché à l’orientation pour interpréter certaines balises (pas mal de balises jetées au sol et d’autres probablement déplacées par malveillance …). Mais vétérans invétérés que nous sommes, même sans lunettes, je parviens à lire la carte et on finit par ne pas trop cafouiller … Après la petite incursion dans la campagne, où il y avait remarquablement peu de traces de passages au sol!, nous refilons une dernière fois sur le boulevard et parvenons à obliquer là où il faut pour entamer le retour vers le point vet.

Un peu plus tard, nous laissons repasser devant nous toute une bande de « pressés » qui avaient dû se perdre et redoublent les gaz maintenant. En plus, nous sommes obligés de nous arrêter régulièrement pour essayer de replacer la « puce » sur la jambe de Nugum, mais en vain, cela ne tient pas …Tout le monde est très content quand on rejoint à nouveau ce magnifique endroit qu’est la « mer des Sables » où est installé le premier et deuxième point de contrôle vet. Moins heureux, nos grooms, qui avaient dû « trimbaler » sur une bonne distance, notre matériel et l’eau – comme d’habitude 4 fois de trop, car, comme nous allons seulement à du 13km/H, nos chevaux ne transpirent pas et ne doivent donc pas être « arrosés » avant de rentrer au vet-in. Ces entrées rapides (3 min en moyenne sur toute l’épreuve) nous permettent de remonter un peu dans le classement en « driblant » au vet-gate quelques « bolides » dont les chevaux ne récupèrent pas si vite. Par ailleurs déjà pas mal d’éliminés par ce parcours un peu surprenant. En effet, il a l’air « roulant » car avec très peu de dénivellation, mais quand même plein de surprises au niveau du sol. A plusieurs reprises je me demande comment les chevaux qui vont à toute allure, le nez dans la queue du précédent, parviennent à négocier ce terrain très changeant ! Le retour de la « Mer des Sables » vers l’hippodrome n’apporte pas de surprises, puisque c’est la première « boucle » à l’envers, avec malheureusement un tronçon assez long de macadam pour repasser au Bois de Baudour …. Bah, la civilisation …On a droit aussi à un chemin de fer désaffecté pour éviter une chasse, je pense, puisque lors de notre reconnaissance, nous avions chevauché sur un chemin parallèle très agréable ….Cela dure assez longtemps et il me semble entendre la respiration de Nugum se transformer en tchouketchouk, tchouketchouk, tchouketchouk …Et dire qu’on va repasser encore une fois ici lors de la dernière boucle … et dans le noir ! Faudra faire gaffe à ne pas tordre les boulets des chevaux sur ces billes de chemin de fer à moitié pourries …. Mais pour l’instant, profitons encore un peu de la belle lumière de fin d’après-midi.

Les couleurs des feuillages sont au maximum de leur exubérance et toute cette beauté de la nature nous fait oublier la fatigue et tous les autres soucis. Les chevaux tournent bien et régulièrement, en général Nugum devant, sinon il est trop amoureux … mais de temps en temps Nerveuse doit reprendre la tête pour rehausser la moyenne de la vitesse, car Nugum prendrait cette troisième boucle plutôt pour une promenade dominicale. Lorsque nous arrivons au 3ième vet, donc de retour à l’hippodrome, les cavaliers les plus rapides terminent déjà leur dernière boucle ! Nous avons ainsi la chance d’assister « en spectateurs » à l’arrivée des gagnants, dont certains, ce qui ne m’étonnes pas, perdent le moral en faisant ce tour de piste, qui pour comble de « punition » passe à proximité des écuries …Pour ne pas exposer les tendons de nos chevaux inutilement sur cette piste profonde, nous rentrons sagement au pas et passons vite le contrôle vet. Cette fois, petit cafouillis: comme les vet’s sont occupés avec les contrôles finaux des premiers, Nerveuse réussit encore, par ses deux phases de battement de cœur très espacés, à troubler la jeune vétérinaire qui s’occupe d’elle et juge que Nerveuse devrait être éliminée pour FC à 75 … « Pas possible ! », je viens de la contrôler en dessous de 40 avant de demander le vet-in ! Par ailleurs, la boiterie du cavalier (on m’extraira 40 cc de liquide du genoux par après) trouble le jugement des allures du cheval … et on me fait retrotter Nugum… aie, aie mon genoux ! Mais c’est OK … et nous pouvons nous dépêcher de reseller pour être prêt pour le re-check obligatoire à cette phase. 40 minutes, c’est court, dans ces cas-là … et nous oublions de fixer nos lampes sur nos casques … or, la nuit va bientôt tomber!! Au premier point de grooming nous rappelons la chose à nos deux super-intendants et Au Canard – il fait juste encore assez clair pour jeter un dernier coup d’œil sur la carte avant de nous enfoncer dans la forêt noire - Jean-Jacques essaie de me mettre la lampe, dont un élastique lâche aussitôt …. « C’est rien, on le réparera pour le point de grooming suivant »… Mais oui, mais celui-là, il sera à l’autre bout du bois, quand ce ne sera plus vraiment nécessaire …! Cette fois , à partir de l’Akzo, c’est donc Nerveuse, illuminée, qui prend la tête … et Nugum suit à tâtons ….heureusement les balises de cette dernière boucle, même si elle ne sont pas fluo, sont en ruban de coton jaune et donc encore assez visible … quand on a une lampe … Je ne sais pas où on aurait atterri si elles avaient été les bleues !! Nous avançons prudemment, ici aussi, changement de parcours par rapport à notre reconnaissance … je ne suis pas très rassurée et Dirk, courageux, essaye de m’insuffler de la confiance … Voilà que nous plongeons dans le marécage dans le noir, ouf, cela se passe bien, les chevaux le connaissent maintenant pour l’avoir déjà passé quelques fois maintenant. En haut de la montée qui suit, nous serons de nouveau en terrain connu … mais j’ai dit « ouf » trop tôt ! Nugum n’est pas prêt d’oublier le cumulet qu’il a fait dans ce chemin creux, parce qu’il n’a pas vu la marche formé par une racine, ni moi des bonds et chutes successives qu’il a fait pour essayer de se sortir de là … Comment suis-je restée dessus ? Peut-être par pur instinct de conservation, car se retrouver sous un cheval paniqué dans un chemin creux, pourrait vite dégénérer ! Il emporte de l’aventure un paquet de boue sur le chanfrein et dans le nez, qu’il évacue à forts ébrouements tout le long du retour. Dégoûté il ne veut plus ni marcher, ni galoper et nous bouclons cette satanée boucle au petit trot pépère, ce qui nous permet de demander le vet-in , à l’arrivée finale, endéans la minute. Les cardiaques sont très bons, les allures des deux chevaux irréprochables et aucune remarque pour les autres paramètres.
Au vu de leur récupération nous sommes restés bien en deçà des moyens de nos chevaux : si pour Nerveuse c’est évident, pour Nugum, je suis émue et contente de l’avoir prouvé ! Lors des contrôles du lendemain matin, les vétérinaires ont trouvé Nugum « impeccable » et Nerveuse « prête à être re-sellée pour repartir ». Nous sommes classés 7ième et 8ième sur une quinzaine de vétérans … et si nous ne sommes pas les plus « rapides », je suis quand même la plus âgée à l’arrivée et la seule vétérane féminine … et ce malgré mes handicaps physiques divers. Je suis fière d’avoir réalisé cette performance et très contente pour mon petit Nugum, le plus gentil des étalons …même avec un nez plein de boue !!
Un tout grand merci à nos intendants qui se sont débrouillés comme des chefs et ont eu la patience de rester disponibles jusqu’au bout du bout !
Il me reste à remercier les dévoués organisateurs de l’épreuve, qui fut une réussite, même si elle a fait quelques maladies d’enfance. Je pense qu’elle vaut certes d’être remise au programme et j’espère même qu’il y aura d’autres manches pour en arriver à une Coupe des Nations Vétérans ou tout au moins un Challenge Vétérans sur plusieurs épreuves …
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