CHRONIQUES - Les Saintes Marie de la Mer - FRA - 2008


Deux belges en Camargue..
Resultats
Deux cavalières belges ont fait le déplacement vers le Sud pour cette course rapide de début de saison. Toutes les deux montaient des chevaux qui restaient sur des échecs : Poespass qui avaient été éliminés à plusieurs reprises pour métabolique sur des 160kms et Magnum qui restait sur deux échecs en 120km et n'avait pas encore bouclé la distance. On verra d'après le compte-rendu de Louna que tout s'est bien passé pour elles et leurs chevaux. Bravo.

 


 

La troisième est la bonne

Ce samedi 5 Avril, j’ai réussi à faire mentir le dicton « jamais deux sans trois ». En effet, après deux essais infructueux sur 120 km (successivement St-Amant-les-Eaux et Libramont) c’est avec fébrilité que je prenais le départ en ce we de fin de vacances de Pâques sur le CEI** des Saintes-Marie-de-la-Mer en Camargue. 1200km de déplacement, mais le voyage valait la peine : du soleil plein les yeux, des flamants roses par centaines, des paysages de lagunes, et 110 concurrents à mes cotés parmi lesquels je pouvais côtoyer le gratin international (Viguel Vila, Jean –Philippe Frances, Philippe Thomas, Laurent Mosti, Jack Begaud, Sunny Demedy, Marc Comas, , Sabrina Arnold et Karin boulanger, ma monitrice avérée qui avait bien voulu me prendre dans ses bagages et me prêter Magnum ML).

Départ à 7h. Malgré le nombre, les chevaux sont calmes. Néanmoins, pour éviter tout problème, Karin, comme à son habitude, part dans les premiers avec Poespass. Bien entendu, je me mets dans son sillage. Les kilomètres s’égrènent et nous maintenons nos chevaux dans un rythme de croisière calme. Après les chemins de salines, nous atteignions la plage sur laquelle nous galoperons 19 kilomètres avant d’atteindre le premier Vet-gate : Km34. Nos deux chevaux récupèrent très vite. Magnum, pourtant étalon, reste placide et concentré. Poespass tracte sa nouvelle groom (ma maman) jusqu’au vétérinaire… On a bien ri. Chez les vétos, tout se passe sans soucis.

A peine le temps de se rendre compte que nous faisons une moyenne de 19,5 sur la première boucle, que nous repartons pour un second tour de 30 km. Nous sommes dans les 20 premiers. Direction Aigemorte, et retour vers les Saintes-Marie. Le rythme de la course s’accélère. Galop, galop et encore galop ! Je m’inquiète mais Karin me rassure et me dit de m’accrocher. Nous tournons toujours à plus de 20 km à l’heure. Merveilleux, au vet-gate nos deux compagnons récupèrent toujours aussi bien. Les vétos sont contents. Moi aussi ! Nous repartons cette fois dans les 15 premiers.

Retour à la base de départ, le Mas de la Cure en empruntant le même chemin en sens inverse de la première boucle. La veille, j’avais entendu Philippe Thomas conseiller à Karin de bien gérer ces 19 km de plage. C’est ce que nous faisons. C’est dur pour le moral de se laisser dépasser. Mais les chevaux nous en sont reconnaissants. Quand nous rejoignons la terre ferme, ils retrouvent toute leur énergie. Poespass surtout. Karin reprend un train d’enfer et me demande de rester un peu en retrait avec un groupe moins aguerris.

J’arrive au vet-gate quelques 10 minutes après elle. Il faut cette fois 5 minutes à Magnum pour récupérer mais il est vraiment bien. Durant le grooming qui suit le contrôle, je suis extrêmement nerveuse car, de ma maigre expérience, je sais que le re-check avant la dernière boucle peut s’avérer un véritable couperet. D’ailleurs beaucoup de mes concurrents (dont Pierre-Marie Morvan qui faisait la course en tête) y sont éliminés. Oh bonheur, Magnum s’y présente très fringuant, et le vétérinaire brésilien m’encourage à le ramener aussi bien sur la ligne d’arrivée. Je suis gonflé à bloc mais je décide d’assurer ma dernière boucle afin de ne pas connaître les mêmes déboires qu’à Libramont ou j’avais été disqualifiée à l’arrivée. Par chance, les quelques concurrents qui repartent en même temps que moi ont la même philosophie. Nous tournons donc plus doucement (on est quand même à du 16).

En chemin, nous croisons les premiers, dont Karin. Poespass est intenable. On dirait qu’il est sur la première boucle. Je rentre sans encombre. Toute mon assistance (dont Karin qui a déjà décroché la 10ième place) m’attend avec des dizaines de litres d’eau. Pas la peine, j’enlève la selle et il est à 60. Nous entrons donc immédiatement sur l’aire vétérinaire pour le verdict final. Mon stress est à son comble. Mais le pouce levé du président du jury m’enlève un vrai poids de l’estomac. J’embrasse Magnum, j’embrasse Karin, j’embrasse ma maman, j’embrasse Marie, j’embrasse tout le monde …

Avant de refermer cette petite page, je tiens à remercier Mme Lynda SCHAUS de la sellerie de Waimes d’avoir autorisé Karin à me prêter Magnum.

Louna SCHUITEN

 


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