Cette course de Cazon n'en est pas à sa première édition. Mercedes Tapio et son mari Eduardo ont bien oeuvré avec la municipalité pour construire un village endurance à la mode argentine : tout est en bois, avec des toits en chaume comme les anciennes maisons locales, cela a beaucoup de charme et un cachet d'authenticité. L'entrée du parc est bordée de superbes pins et d'eucalyptus. Puis un bar et des tables ombragées et enfin le terrain de concours, un énorme espace herbeux avec les abris - en bois et chaume - pour le contrôle vétérinaire puis les boxes construits de la même manière. Du bel ouvrage...
Comme dans le désert, ici, il faut tenter de trouver le bon tempo pour naviguer à une bonne allure de croisière sans mettre le cheval en dette. Avec un cheval que l'on monte au pied levé, il faut d'abord trouver les bons boutons, essayer de ne pas se préoccuper des autres concurrents et aller au rythme de son cheval. Mora Niña, la jument anglo que m'avait confié Miguel Pavlovski, est comme tous les chevaux de son élevage, un cheval bien mis, gentil, mais très en avant. Il s'agissait donc de gérer l'effort de la jument sans pour autant se battre avec elle. Au début, il fallut un peu négocier et la laisser aller plus vite que son allure de croisière pour ne pas entrer en lutte. Mais après avoir perdu de vue ceux qui veulent en découdre de suite et avoir lâché ceux qui adoptent un faux rythme, Mora Nina a pu se caler dans une bonne allure, à du 20kph, sur un bon sol, sans trop se préoccuper de ses congénères.
Au gré des éliminations des autres concurrents ou en mettant à profit les pertes de moral des autres, Mora Nina a pu se hisser progressivement dans les premiers du classement, mais sans que l'on ne le sache. Peu d'informations sur l'état du classement - pas de speaker malheureusement - mais finalement ce n'est pas plus mal car cela ne fait pas monter la pression... Malgré cela, on se prend quand même à regarder le sol lors de l'avant dernière boucle et à compter le nombre de traces de chevaux... Il avait bien plu la veille, donc c'était possible de voir qui était passé "Une, deux, trois, quatre, cinq... hola... cela voudrait-il dire que nous sommes dans les cinq premiers ? Attention il y a peut-être des juniors devant aussi et eux ne courent pas pour le même classement... Cela devient quand même sérieux!!!"
"Effectivement, au départ de la dernière boucle de 19km, le classement obtenu nous apprend que nous somme à la 4ème place, à deux minutes du 3ème, à 7min de Val kanavy qui est 2ème et à presque 1/4 heure du premier, inattaquable. De quoi malgré tout demander à la jument de montrer ce qu'elle a dans le ventre. Et elle en a encore de l'énergie, Mora Nina... Vite, elle rattrape le 3ème qui nous souhaite bonne chance et qu'elle laisse là sans que je ne lui demande. Elle reste à un bon 20kph sans aucune sollicitation. Après peut-être 5km, on voit loin, très loin, un point clair à l'horizon? Un dossard sûrement... Kanavy??? Après quelque temps, le point tourne vers la droite, une opportunité donc de prendre un relevé précis... Une, deux, trois minute et 30 sec plus tard, nous tournons aussi à droite. Conclusion simple, on refait notre retard à la vitesse grand V... Assez vite on revient sur Kanavy accompagnée de la junior qui est en tête de sa course... Quelques bonnes centaines de mètres dans leur roue, pour voir... Cela n'avance quand même pas, Nina s'énerve... On ne va pas la laisser sur sa faim, la chica... On passe et personne n'accroche... Normal, à la vitesse où elle a dépassé... Cool, cool... reprise du canter bien sage à du 18kph... il n'y a plus rien à gagner... dernier km, zut, le premier est en vue... trop tard... si on avait continué à avancer, on l'aurait rattrapé pour l'explication finale. Deuxième, c'est bien aussi :-) "
Muchas gratias Miguel :-)
Ci-dessous quelques poulinières suitées du Haras San Andres del Moro de Miguel et Celina Pavlovsky... Que du beau, que du bon ...
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