COMPTES RENDUS ET CHRONIQUE


DUBAI 98 - CHAMPIONNATS DU MONDE D'ENDURANCE '98

DUBAI 1998 - ENDURANCE WORLD CHAMPIONSHIP BELGIAN TEAM

The endurance riding in Belgium has started around 1980 especially in the south part of the country (french speaking). The most famous endurance event in Belgium is the race called ‘L’ Ardennaise’ which take place in the region of Spa-Francorchamps (the famous race track!). The most prestigious title won by a belgian rider was the title of European Champion, won by Dominique Crutzen in 1991 with his Famous Domino. He also won the famous french ride in Moncuq in the same year. The belgian team won also in 1987 the title of European Championship in Erlangen(Germany).

After a drop, endurance riding is now growing in Belgium while more and more riders are trying international rides.

Despite a non-existent support from the national federation mined by internal fights, our riders and horses have followed the best possible preparation and are ready for a good performance at the WEC98. Our team followed the gentlest strategy to acclimate the horses by e.g. slowly raising the stable temperature, first walking the horse on the first days, and avoiding any unnecessary stress with overriding them.

Concerning the team making the belgian selection for Dubai …

One point to emphasized in the team is the fact that 3 horses are coming from the same breeding farm : the Haras des Iviers located in Chimay. Two of them (Krizzia and Orfeo) are from the same sire (Pedant, bred in Poland).

 

 

 

 

 

ANTOINE Robert, with GREECE Robert is a newcomer in international endurance riding. GREECE is a 9 year half-arab gelding. His records include: Ermeloo-NL(130Km), Moulin Engilbert-FR(130Km), Goettingen-DE(160Km).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ARNOULD Pierre, with KRIZZIA des Iviers Pierre is our most experienced rider, with 6 selections in the Belgian team. He finished at the 7th place in The Hague(NL) at the WEC 94; then he finished 16th in Morlaix(FR) at the European Championship; in 97 he won the most famous belgian ride (L’Ardennaise/160Km) and was 3rd at the Eldric Trophy. KRIZZIA des Iviers is a 9year arab mare. Her records include: L’Ardennaise-BE(160Km), Badaros-ES(160Km), Alcochette-PT(160Km)

 

 

LECLERC Jean-Claude, with DJAHAN des Iviers Jean-Claude will with Duabi count his 3rd selection in the Belgian Team. He finished several rides in Europe including : Renlies-BE(160Km), Rambouillet-FR(130Km), Turnhout-BE(160Km), The Hague-NL(160Km). DJAHAN des Iviers is a 17year arab stallion. His records are the same as his rider.

LEDOUX Corinne, with JEZABEL d’Havenne Corinne counts her 2nd selection in the belgian team. She is this year vice belgian champion. Corinne finished several times the ride L’Ardennaise BE ( 160Km) as well as Renlies BE(160Km) and Vianden LUX(130). JEZABEL is a 12 year half-arab mare. She finished 12th at the Desert marathon in Qatar and two 160Km rides in Belgium (L’Ardennaise and Turnhout).

 

 

 

 

LIESENS Léonard, with ORFEO des Iviers Leonard is also a newcomer in international endurance riding. He completed his first 160Km ride in 1997 with the famous Tevis Cup ride in the USA. In 1998, he completed the 130Km ride (L’Ardennaise) then the 160Km in Goettingen(Germany). The same year, Leonard also finished the Outlaw Trail (5 days ride in USA – 420Km) ORFEO des Iviers is a 9 year arab gelding. His records are the same as Leonard.

 

 

 

 

 

 

LUXEN Jean-Pierre, with Hamisha Jean-Pierre got his 3rd selection in the Belgian Team. He was Belgian Champion in 1995 by winning the ride L’ardennaise. At 19 year, he is our youngest rider. HAMISHA is a 18 year arab mare

 

COMPTE RENDU

DUBAI 1998 – LA BELGIQUE PREMIERE NATION EUROPEENNE

A l’arrivée des trois chevaux composant l’équipe, l’organisateur nous assurait que nous avions la médaille de bronze par équipe et le secrétariat de la course nous le confirmait le lendemain matin, pour finalement rectifier le classement peu avant la proclamation officielle des résultats.

Déception pour notre délégation à Dubai, mais après réflexion une énorme satisfaction car tous auraient signé des deux mains pour cette cinquième place par équipe qui fait de la Belgique la première nation européenne.

Notre équipe a su gérer au mieux son potentiel équin et son équipe d’assistance limitée Elle a effectué une course d’équipe exemplaire et régulière en gardant toujours la tête froide, profitant des erreurs des autres équipes.

Et ce qui est le plus remarquable, c’est l’état de fraîcheur des trois chevaux de notre équipe à l’arrivée : œil brillant, allures élastiques et encore beaucoup d’énergie en réserve. C’est avant tout cela l’endurance ! Quel plaisir de rentrer avec un cheval vif et alerte malgré les 160 kms de désert et la chaleur éprouvante !

Pourtant ce ne sont pas les problèmes qui ont manqué durant la phase de préparation de notre équipe et nous ne citerons que les plus marquants : les atermoiements de la Commission endurance pour désigner la sélection, le refus du Président de la Commission de financer l’expédition alors que la Fédération des Sports Equestres lui octroyait un budget, la démission du Chef d’Equipe, les tracasseries administratives pour l’expédition des chevaux, le temps exécrable en Belgique durant les entraînements.

                  

Les quatre incontournables pour la sélection grâce à leurs performances antérieures : Robert Antoine avec Greece du Mazy, Pierre Arnould avec Krizia des Iviers, Corinne Ledoux avec Jezabel d’Havenne, Léonard Liesens avec Orfeo des Iviers. Ils se sont entraînés chaque week-end dans les dénivelés de la région de Redu, emmenés par Etienne Alexandre, promu Chef d’Equipe ad-interim, puis ont effectué de très longues séances de galop sur les plages de La Panne afin d’habituer chevaux et cavaliers à la monotonie des sables du désert. Le vétérinaire d’équipe, Gilles Grégoire, a pu prodiguer les soins aux chevaux de l’équipe.

L’équipe belge était complétée par Jean Claude Leclerc avec Djahan des Iviers et Jean Pierre Luxen avec Hamisha.

Eric Craene de la FRBSE, qui a dû reprendre la fonction de Chef d’équipe laissée vacante alors que l’endurance équestre était pour lui un concept très flou, s’est débrouillé avec les moyens du bord et a pu prêter son concours à chaque occasion.

 

La phase préliminaire

22/11/98

Les chevaux quittent la Belgique pour Francfort. Arrivée à l’aéroport à 18 heures dans un froid glacial et attente interminable pour finalement embarquer les chevaux dans leurs containers parfaitement aménagés vers minuit. Deux grooms les accompagnent : Etienne Alexandre et Paulo Santinha. Lourde tâche pour ces deux braves qui devront s’occuper des six chevaux alors que les autres délégations ont au moins un groom par cheval. Ils seront heureusement aidés par Hervé Colin qui officiait en tant que groom pour l’unique cheval de la Turquie.

    Valerie Kanavy et Cash

23/11/98 … 28/11/98

Arrivée à l’aéroport de Dubai. Déchargement et transport des chevaux vers le complexe équestre de Ghantoot, à 80 Km de Dubai. Les chevaux emménagent dans de luxueuses écuries avec air conditionné. Nos grooms choisissent la bonne technique d’acclimatation en descendant d’abord la température au maximum, puis en augmentant progressivement celle-ci de jour en jour. Les chevaux ne seront montés qu’à partir du  cinquième jour et au pas, contrairement à bon nombre de nations qui s’élanceront comme des fous dans le désert le lendemain de l’arrivée.

   Léonard Liesens et Orfeo

29/11/98 … 03/12/98

Arrivée de Léonard Liesens, puis de Pierre Arnould. Les chevaux seront montés chaque jour plus intensivement en augmentant les séances de trot et de galop. L’acclimatation se passe au mieux pour Orfeo, Krizia et Greece. Jezabel éprouve quelques difficultés à réguler sa température. Hamisha est malade et refuse toute nourriture.

      Robert Antoine et Greece du Masy

03/12/98 … 09/12/98

Arrivée de l’ensemble de la délégation belge qui sera logée dans le luxueux complexe hôtelier 5 étoiles du Méridien Jumeira Beach, à 40 Kms des écuries.

L’acclimatation des chevaux se poursuit et le choix des quatre qui composeront l’équipe ne peut plus faire de doute : ce seront Greece du Mazy, Jezabel d’Havenne, Krizia des Iviers et Orfeo des Iviers.

Les informations sur le parcours, l’organisation des contrôles vétérinaires, les possibilités d’assistance sont très limitées et souvent contradictoires. La reconnaissance du parcours par des véhicules 4x4 est un désastre et on ne compte plus le nombre de véhicules ensablés. Difficile dans ce cas d’établir une tactique de course.

L’équipe des quatre cavaliers BEeL décide de tourner en équipe et de conduire sa course prudemment. Notre assistance se limitera à la zone des contrôles vétérinaires et à la troisième boucle (Kms 75 à 110) puisque les accès au parcours sont trop hasardeux.

Le contrôle véto préliminaire est une formalité pour nos chevaux, sauf pour Hamisha à qui le comité vétérinaire refuse le départ.

   L'Equipe de France

Le film de la course

Le départ de la course est donné à 5h45, dans l’obscurité. Le premier tronçon de 40 Km emmène les 180 cavaliers vers la zone de contrôle vétérinaire. D’abord 4 km de sable mou où nous marchons, puis le sable dur où trot et canter sont de mise. Très peu de pagaille contrairement à ce que l’on craignait. Nous y allons prudemment afin de ne pas brûler nos montures. Beaucoup de concurrents nous dépassent mais nous gardons la tête froide car la route est encore longue, très longue. Djahan est devant.

Au contrôle vétérinaire des 40 kms, nos chevaux passent rapidement et nous mettons à profit les 50 minutes de repos pour les faire manger.

 

La deuxième boucle (35 km) est effectuée entièrement au canter, entrecoupée par les arrêts aux points d’eau tous les 5 kms. Les électrolytes sont administrés sans compter, pour autant que le cheval boive. Krizia, Jezabel, Orfeo et Greece rattrapent Djahan puis le dépassent. Il en sera de même pour une bonne vingtaine de concurrents. Au contrôle des 75 Kms, Orfeo, Krizia et Greece passent dans les quatre minutes. Jezabel ventile beaucoup trop et bien qu’elle passe le contrôle, son assistance préférera sauvegarder son intégrité et l’arrêter là. Djahan est éliminé pour boiterie. Des discussions sur la nouvelle tactique à adopter nous font perdre 15 minutes et nous repartons finalement en décidant de rester ensemble coûte que coûte.

 

La troisième boucle (38 Km) se déroule sous un soleil de plomb avec une température de 4O°. D’abord une partie de 15 Km de sable dur couverte entièrement au canter, ensuite un paysage de dunes de sable mou où il faut marcher (nos moniteur cardiaques indiquent une fréquence cardiaque, au pas dans le sable mou, nettement supérieure au canter sur le sable dur (130 par rapport à 115). Nous trouvons cependant la parade en quittant la piste et en trottant dans le ‘bush’ où le sable est plus dur. Cela nous permet de rattraper et de dépasser beaucoup de concurrents et notamment les six cavalières de l’équipe anglaise qui ont aussi choisi de rester solidaires.

Au contrôle des 113 Km, Orfeo et Krizia, les frère et sœur du Haras des Iviers passent rapidement. Greece met un peu plus de temps à récupérer, mais son assistance parviendra à le remettre d’aplomb. Il faut rester ensemble !

 

A la quatrième boucle, l’équipe anglaise part avant nous, mieux informée sur l’heure de ses départs. Nous repartons avec 10 minutes de retard sur l’horaire. Tant pis ! Nous reprenons le canter sur un tronçon de sable dur de près de 15 Km avec le soir qui se met à tomber. Robert Antoine s’inquiète de la forme de Greece, mais le cheval a bien récupéré et suit sans problème. L’obscurité est maintenant totale et le parcours est très mal balisé avec une balise clignotante placée de ci de là, la suivante étant souvent cachée par les dunes à franchir. Cela nous ralentit énormément et la moyenne chute. Nous rattrapons cependant une nouvelle fois l’équipe anglaise et nous terminerons la quatrième boucle ensemble.

Dernier contrôle vétérinaire à 12 Km du but. Des problèmes de timing dus à l’organisation nous font perdre 5 nouvelles minutes. L’organisateur nous apprend que nous sommes toujours en course pour la médaille de bronze. Nous n’avons pas la moindre information sur les temps et la situation des autres équipes.  L’organisation cafouille tant et plus.

Nous partons en même temps que les Anglaises, au galop. Orfeo veut y aller et tire vers l’avant. Robert et Pierre rappelle Léonard à l’ordre. Restons cool ! Après avoir distancé les Anglaises de quelques minutes, nous reprenons une allure plus économique en contrôlant notre avance. Les chevaux en veulent ; ils ont des réserves. L’arrivée de Pierre, Robert et Léonard se tenant la main, au grand galop et rênes lâchées restera sûrement un grand moment dans leur vie.

 

La tension est à son paroxysme et lorsque le vétérinaire qui contrôle Orfeo en dernier lieu fait le geste positif tant attendu, l’explosion de joie est totale.

MALGRE LES 20 MILLIONS DE DOLLARS, UNE ORGANISATION DE COURSE CAHOTIQUE

Tout aurait dû être prévu dans l’organisation de l’événement. En règle générale, les aspects extra sportifs étaient très soignés : le luxe affiché par les hôtels à 5 étoiles, l’opulence des buffets, la cérémonie de clôture (on reparlera de l’éthique de cette manifestation), le logement et la quarantaine des chevaux.

Par contre, la plupart des éléments touchant à l’organisation d’une course d’endurance étaient largement défaillants. Les informations dispensées aux délégations avant la course qui auraient dû leur permettre d’élaborer une tactique de course faisaient défaut : on vous emmène voir la zone de contrôle vétérinaire en roulant à 120 à travers les pistes de désert, ce qui provoque ensablement, cohue et pagaille monstre ; les rescapés n’ont ensuite que très peu d’informations à glaner.

Et puis le plus grave… avec ce système informatique qui cafouille puis rend l’âme après la deuxième boucle, sans que la moindre procédure de rattrapage n’ait été prévue : personne ne connaissait ses temps de passage, aucun classement partiel, pas de contrôle des chevaux qui repartent après leur période de repos (il eut été possible de repartir avant l’heure prévue). L’équipe belge est assurée de la médaille de bronze dès l’arrivée ; on nous le confirme encore le lendemain au secrétariat de l’organisation pour l’infirmer ensuite juste avant la cérémonie de clôture.

Il y avait aussi le balisage de l’épreuve. Alors que la course préliminaire de février était, paraît-il, très bien balisée avec deux rangées de drapeaux placés tous les cent mètres, celle du Championnat du Monde l’était comme un course de basse zone : un drapeau de temps de temps placé sans consistance. Ne parlons pas du balisage de nuit : une balise clignotante tous les 2 à 3 Km, souvent cachée par les dunes et les cavaliers obligés de couper à travers le désert avec les risques que cela comporte. La plupart des cavaliers étaient accompagnés par une voiture de leur assistance qui leur éclairait la piste, alors que c’est en principe interdit par le règlement FEI.

LES PETRODOLLARS N’ONT PAS RAMENE LES MEDAILLES

Les émirs ont acheté les meilleurs chevaux soit américains, soit australiens. En France, leurs pétrodollars leur ont permis de garnir leurs écuries avec notamment Razzia d’Alauze(D.Pesce), Sunday d’Aurabelle (acheté à B.Atger alors qu’il était déjà dans la sélection française définitive), Nelson(J.David), Orla(H.Kerneur), Tango(T.Fouquerolles), Seskia(V.Dupont).

Sur les 12 cracks engagés dans la course, seuls quatre se sont classés, il est vrai dans les dix premiers ; les autres se sont effondrés. Manque de tactique ? Piètres cavaliers ? Feeling  équestres défaillant ?

L’essentiel des éliminations concerne des problèmes soit métaboliques soit de non récupération.

 


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