AVENTURE


L'ENDURANCE AUX U.S.A. : LA TEVIS CUP

Deuxième partie… Les courses de 100 miles en un jour restent les plus prisée et chaque cavalier d’endurance américain rêve d’amener sa monture à ce niveau. La Tevis en Californie est bien sûr la reine des 100 miles. Sur la côte est, le Old Dominion recueille aussi beaucoup de suffrages.

La Tevis Cup existe depuis 1955. Elle est toujours organisée en juillet ou en août un jour de pleine lune. Eh oui, c’est important quand pratiquement tous les cavaliers, y compris le vainqueur s’il lui faut plus de 12 heures, doivent emprunter les pistes étroites et dangereuses des canyons de nuit.

L’organisation de la course est titanesque : plus de 800 volontaires répartis sur le parcours tous les 10 à 15 Kms pour aider les cavaliers : tenir le cheval pendant que le cavalier va au petit coin, remplir les bidons d’eau, prendre le rythme cardiaque, rassurer, encourager. Ici ce n’est qu’en trois occasions que l’assistance peut croiser le cavalier : Robinson Flat (mile 36), Michigan Bluff(mile 63), Foresthill (mile 69) où commence pour beaucoup l’épopée nocturne. Le cavalier emporte dans ses fontes tout le nécessaire : easyboot, electrolytes, matériel de secours, powerbars, pilules de sel… Les points d’assistances communs sont fournis en eau, foin, pommes et mash pour le cheval et en nourriture pour le cavalier. Au total une dizaine de contrôles vétérinaires et cela ne discute pas : on enregistre en général plus de 55 % d’éliminations. 

Le parcours est à la mesure de l’enjeu : 18.000 pieds d’ascension, 22.000 pieds de descente. Très peu de chemins. La plupart du temps une simple piste avec de ci de là des endroits où dépasser. D’un côté la roche, de l’autre le vide. Pratiquement pas de lignes droites : on trotte 20 mètres, puis une épingle à négocier au pas, puis cela recommence. De jour comme de nuit. La chaleur commence à se faire sentir après Robinson Flat (mile 36) et à partir du premier canyon, cela devient l’enfer : 45°C dans le fond. Pas question d’avoir le moindre problème car la piste n’est accessible qu’à cheval ; des cavaliers balais suivent à bonne distance des derniers pour aider les malchanceux.

La poussière est partout présente ; du départ à l’arrivée on en bouffe et de toutes les couleurs : de la blanche, de la jaune, de la rouge. Dès que la nuit tombe, mieux vaut avoir un cheval qui sait ce qu’il fait, car le cavalier ne contrôle plus rien et devra laisser décider sa monture : personne ne porte de lampe frontale ; cela gênerait trop les cavaliers qui précède et puis le cheval, lui, il y voit. Et il faut trotter partout où c’est possible même si on n’y voit rien, sans cela impossible de terminer dans les temps et d’arborer la fameuse boucle de ceinturon.Après 15 heures, on ne sait plus comment on s’appelle ; une seule chose compte : avancer et terminer, car le bonheur en arrivant dans le stade d’Auburn est indescriptible. Tentez la Tevis, l’expérience est inoubliable ! 

Léonard Liesens


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Dernière modification le 17/08/07