AVENTURE


L'ENDURANCE AUX U.S.A.

Les U.S.A. ont trusté les tous les titres de Champion du Monde, d’abord avec Becky Hart, puis avec Valerie Kanavy. N’est-ce pas le moment d’en parler et d’aller voir ce qui se passe sur le Nouveau Continent.

En fait, c’est là que tout a commencé, du moins l’endurance dans sa forme moderne. La première organisation de la Tevis Cup remonte à 1955 et ce sera déjà le pur sang arabe Bandos qui remportera cette première édition alors que 5 cavaliers avaient pris le départ. Depuis, la Tevis Cup a été organisée sur le même parcours, la Western States Trail, chaque année.

L’endurance aux States est régie par l’AERC (American Endurance Riding Conference), mais cela n’intéressera personne que l’on s’étende sur des arcanes de règlement de cette vénérable organisation.

Les principes là bas sont assez différents des nôtres et sont empreints du libéralisme américain : on ne vous demandera par exemple pas la moindre qualification pour engager un cheval sur une 100 miles. On vous fait simplement confiance, par défaut, mais tout en sachant que le contrôle vétérinaire vous arrêtera si nécessaire pour ne pas mettre le cheval en danger.

Le matériel

Ah, le matériel… Easyboots, Biothane, Orthoflex, Sharon Saare, Iceboots… et les produits de soins … Probiotics, GAG, Adequan, MSM, Electrolytes, DMSO… On a l’impression que tout vient de là et on n’a pas tort. Exemple : on se met seulement maintenant à parler du MSM ou des GAG alors que là-bas, on administre ces compléments depuis bien des années. Et de nouveaux trucs sortent chaque mois. Est-ce la raison du succès ? Peut-être pas…

L’assistance

C’est très simple. Il n’y a pratiquement pas d’assistance sur les courses. Bien sûr, la plupart des cavaliers disposent d’une ou deux personnes au camp de base ou au contrôle veto pour les aider à s’occuper de leur cheval ou d’un chauffeur qui va conduire le pickup et le trailer d’un point à l’autre lors d’une course multiday. Mais par contre, disposer d’une assistance qui vous croise tous les 2 ou 3 km avec seaux, bouteilles d’eau et electrolytes, cela n’existe pas. Il faut se débrouiller en emportant ce qui est indispensable et en comptant sur l’organisateur qui aura disposé des bacs à eau là où il n’y a pas de point d’eau naturel.

Les types de courses

25 miles (limited distance), que l’on ne considèrent pas là bas comme réellement une course d’endurance et il y a souvent des débats très virulents sur la question. La vitesse n’est pas limitée (comme dans aucune autre course d’ailleurs) et l’esprit de compétition y est très important, ce qui conduit inévitablement à beaucoup d’excès et c’est là que l’on brûle malheureusement le plus de chevaux. Les participants aux courses de 25 miles ne sont pas les mêmes que les concurrents qui prennent le départ des 50 ou 100 miles. D’où les débats très animés pour ou contre ce genre d’organisation.

50 miles, organisées en deux ou trois ou même parfois quatre boucles différentes ou même en ligne. Un contrôle veto au départ, deux au minimum durant la course et un à l’arrivée. Le départ est toujours groupé avec lorsque la piste l’exige un départ contrôlé. Le principe du vetgate est différent de chez nous : à l’arrivée, on présente son cheval très vite à l’équipe de PR (Pulse and Recovery) qui est chargée de prendre le cardiaque autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que la limite soit atteinte (64/68 en fonction des organisations). On présente ensuite le cheval au véto qui effectue les mêmes contrôles, avec systématiquement un ridgeway.

Il n’y a pas de temps minimum ou maximum.
Il est très fréquent de voir plus de 50 participants. Deux types de cavaliers : les gagneurs et les autres. Une 50 miles se gagne souvent en 4 heures, 4heures 30, mais il est aussi fréquent que le dernier boucle le parcours en plus de 8 heures.
Peu de lots, mais toujours un prix (Completion Award) pour celui qui termine : un tee shirt ou une tasse (mug) ou une casquette à l’effigie de la course.
Ici il est fréquent de parcourir 400 ou 500 Km pour aller à une course. On part la veille et on campe sur place. Enfin le terme ‘camper’ ne doit pas s’interpréter de la même manière : un énorme pickup pour tracter un énooooorme trailer avec logements intégrés. A l’américaine, quoi…

75 et 100 miles : le principe est le même. Le nombre de participants est évidemment plus réduit, mais les courses reines comme la Tevis enregistrent plus de 200 participants.

Le prix de la meilleure condition est basé sur une formule mathématique qui fait intervenir les critères vétérinaires, le temps, mais aussi le poids du cavalier. Les cavaliers américains tiennent à ce genre de formule qui a été améliorée au cours des années, car elle ne prête pas à discussion.

Les multi-days rides : ce sont souvent des courses organisées en 4 ou 5 jours avec 50 à 55 miles par jour. Chaque jour est en fait une course distincte de 50 miles avec son classement. Il y a un classement pour les couples cheval/cavalier qui ont couru l’ensemble de l’épreuve et c’est évidemment ce résultat qui est le plus prisé, ainsi que le prix de la meilleure condition.

Beaucoup de cavaliers affectionnent ce genre de courses car c’est l’occasion de découvrir des paysages somptueux tout en pratiquant leur sport favori. Beaucoup utilisent aussi les multidays pour améliorer endurance et résistance de leur cheval en prenant comme principe d’aller doucement . Le cheval devient alors de plus en plus résistant : imaginez cinq Classe 1 consécutives en cinq jours, mais à du 8Km/h ! ! !

C’est ici que chaque détail prend son importance, car il faut pouvoir repartir le lendemain : le ferrage doit être parfait, la selle ne doit pas faire souffrir le cheval, le cheval doit être capable de manger toute la nuit pour reconstituer ses réserves. Et que dire du cavalier qui arrive parfois le soir à 18 heures, doit s’occuper de sa monture, se relever la nuit pour la marcher, puis être debout le lendemain à 5 heures pour nourrir avant de repartir à 6 heures…

La plus célèbre multiday et la plus difficile est sans conteste l’Outlaw Trail qui se coure dans l’état de Utah. Le Death Valley Ride qui se court durant la semaine de Noël dans la Vallée de la Mort en Californie est aussi très prisée : on passe ici par des dénivelés et des températures extrêmes (de –10° à +25°) en empruntant un jour le désert salé puis en franchissant le lendemain des passes enneigées.

Une autre est le Renegade Ride, au Nouveau Mexique, dans les hauts plateaux désertiques où sévissaient les Apaches Geronimo et Cochise. Ca fait rêver…

Léonard Liesens


Copyright - www.endurance-belgium.com - Tous droits réservés-2004/2008
Dernière modification le 17/08/07